FAUT-IL TUER SISTER GEORGE ?

Séance du lundi 13 janvier 2020

affiche-the-killing-of-sister-georgeTitre original : The Killing of Sister George

Réalisation : Robert Aldrich 

Scénario : Lukas Heller

Avec : Beryl Reid, Susannah York, Coral Browne

Durée : 2h18

Production : EU (1968)

Sister George est le personnage jovial qu’incarne June Buckridge dans une série populaire anglaise. Mais son caractère irascible et sa réputation sulfureuse menacent sa carrière, alors que de nouveaux venus lui volent la vedette. Elle vit avec une femme charmante mais maladivement enfantine que convoite la productrice sans merci qui manigance la chute de Sister George. Quand elle apprend que son personnage va être éliminé du scénario, son dégoût pour l’humanité est exacerbé. Ce film, décrié à l’époque pour le portrait infamant qu’il fait de l’homosexualité féminine, est aujourd’hui célébré pour ses répliques acerbes et l’humour grinçant de son héroïne pour qui l’hétérosexualité constitue un spectacle affligeant.

Notre invité : Richard Dyer, professeur émérite de cinéma à ‘King’s College London’, auteur de nombreux ouvrages sur la représentation de l’homosexualité au cinéma.

 

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LES FUNERAILLES DES ROSES

Séance du 21 octobre 2019

Titre original : 薔薇の葬列 (Bara no sōretsu)

Réalisation : Toshio Matsumoto 

Scénario : Toshio Matsumoto

Avec : Peter, Osamu Ogasawara, Yoshio Tuschiy

Durée : 1h48

Production : Japon (1969)

Tokyo, fin des années 1960. Eddie, jeune drag-queen, est la favorite de Gonda, propriétaire du bar ‘Genet’ où elle travaille. Cette relation provoque la jalousie de la maîtresse de Gonda, Leda, drag-queen plus âgée et matrone du bar. Eddie et Gonda se demandent alors comment se débarrasser de cette dernière…

Revendiquant l’influence de Jean Genet, en particulier son roman Notre-Dame-des-Fleurs (1943) se déroulant lui aussi dans le milieu travesti, Les Funérailles des roses montre la créativité et la scène bouillonnante du Tokyo underground où se côtoient drag-queens, jeunes cinéastes expérimentaux et révolutionnaires, et manifestants situationnistes. Pour son premier long-métrage, Matsumoto livre une interprétation baroque et queer du mythe d’Œdipe à la croisée de plusieurs genres, documentaire et militant.

Notre invité : Pascal-Alex Vincent, cinéaste et enseignant, auteur du Dictionnaire du cinéma japonais (Carlotta Films)

 

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LES ÉQUILIBRISTES

Séance du 23 septembre 2019

Réalisation : Nico Papatakis 

Scénario : Nico Papatakis

Avec : Michel Piccoli, Lilah Dadi, Polly Walker

Durée : 2h08

Production : France (1991)

Michel Piccoli incarne un écrivain homosexuel en mal d’inspiration qui s’éprend d’un jeune homme dont il veut faire le plus grand équilibriste du monde. Jean Genet a écrit Le Funambule, Nico Papatakis a réalisé Les Equilibristes, en s’inspirant de la relation tumultueuse de l’artiste avec Abdallah, qui s’achèvera par le suicide de ce dernier, en 1964. Les cinq films de Papatakis sont des tableaux impitoyables des rapports de classe et de genre : la lutte éternelle entre maîtres et esclaves est au centre de son œuvre. Les films de ce cinéaste d’origine grecque et éthiopienne, immigré en France en 1939, sont aussi des allégories du cinéma avec des personnages réalisateurs d’un destin de révolte qu’ils décident à la fois de pratiquer et de mettre en scène. Les Equilibristes est un rituel et une parodie cruelle de la machine-cinéma, et la mise en échec du mécanisme spectaculaire.

Notre invité : Federico Rossin, historien du cinéma et programmateur indépendant.

Manuela Papatakis, fille de Nico Papatakis, et Albert Dichy, directeur littéraire de l’IMEC (Institut des mémoires de l’édition contemporaine) nous avaient également fait l’honneur de leur présence pour cette séance.

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