Avec : Willima Hurt, Raùl Julia, Christine Pascal, Sonia Barga
Durée : 2h
Production : EU/Brésil (1985)
Présenté à Cannes et premier film indépendant à être nommé aux Oscars, le film valut aussi à l’un de ses deux interprètes principaux, William Hurt, un prix d’interprétation à Cannes et un Oscar, le premier à être remis à un acteur pour un rôle d’homosexuel et/ou travesti, l’inoubliable Molina: retenu prisonnier, en pleine dictature, dans une cellule au fin fond de l’Amérique du Sud pour » immoralité ». Il partage cette cellule avec un prisonnier politique, Valentin ( Raùl Julia), qui se montre d’abord violemment hostile envers lui.Ce film bouleversant, qui joue avec les codes du kitsch, montre avec finesse l’évolution de deux individus vis-à-vis de l’Autre, prouvant par là que cet » autre » n’est pas nécessairement l’Enfer que l’on dit…
Notre invité : Emmanuel Le Vaguerrese, professeur de littérature espagnole moderne et contemporaine et de cinéma à l’Université de Reims Champagne-Ardenne (URCA)
Avec : Patrick Dewaere , Patrick Bouchitey, Christine Pascal, Claude Piéplu
Durée : 1h26
Production : France (1976)
Claude Miller met en scène dans La Meilleure Façon de marcher le lien trouble entre deux moniteurs de colonie de vacances dans les années 60, le viril et macho Marc ( Patrick Dewaere) et le délicat et timide Philippe (Patrick Bouchitey). Un jour Marc surprend Philippe dans sa chambre, travesti en femme. Mal à l’aise, craignant d’être dénoncé, ce dernier devient vite le souffre-douleur de son collègue. Entre attraction et répulsion, vénération et humiliation, une relation ambiguë se noue entre eux, chacun se trouvant confronté à ses propres peurs. Jusqu’au jour où…
Ce premier film du réalisateur, interdit aux moins de 12 ans à sa sortie, est une réflexion sur la question de la norme et du rejet de la différence, sur la masculinité et ses clichés.
Ania Szczepanska est née à Varsovie en 1982. Elle est maîtresse de conférences en histoire du cinéma à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et réalisatrice de films documentaires.
Ses recherches portent sur le cinéma et la politique, les cinémas de l’Est – principalement le cinéma polonais- les films documentaires et les archives audiovisuelles.
Elle a consacré sa thèse au cinéma d’opposition en Pologne communiste, à travers le cas du groupe de production du cinéaste Andrzej Wajda. Elle s’est intéressé aux conflits et aux négociations entre cinéastes polonais et responsables de la politique culturelle de l’Etat-Parti. En articulant esthétique et histoire politique, son travail s’est appuyé sur les rapports des commissions de validation des films, les archives privées des cinéastes, les entretiens avec des réalisateurs et d’anciens dirigeants politiques, ainsi que l’analyse des films produits pour le cinéma et la télévision dans les années 1970 et 1980.
Cette recherche ainsi que son travail sur les archives audiovisuelles de la Pologne populaire ont donné lieu au projet collectif Dokest89, mené avec Nadège Ragaru (Sciences Po, CERI) portant sur la mémoire du communisme dans la production documentaire de l’ancien bloc socialiste après 89 (Voir le blog)
Ania Szczepanska est l’auteur de l’ouvrage Do granic negocjacji (Aux frontières de la négociation, Universitas, Krakow, 2017) et co-auteur avec Sylvie Lindeperg d’A qui appartiennent les images ? (FMSH, 2017) sur le statut et les images des images d’archives, ainsi que de nombreux articles consacrés essentiellement au cinéma polonais.
A partir de ces travaux consacrés au cinéma polonais à l’époque communiste, elle a mené un travail de réalisation documentaire.
Son film documentaire Nous filmons le peuple ! (2013), produit par Abacaris films et Les films de l’air, a été diffusé sur Ciné Plus et TVP Kultura. Il a obtenu l’ Etoile de la SCAM (2015) et le le Prix de la Recherche du CNRS (2014). Il est disponible en DVD édité par Aloest (2015) accompagné de nombreux suppléments consacrés au cinéma polonais.