LE VISAGE DU PLAISIR (The Roman Spring of Mrs. Stone)- en copie 35mm.

Lundi 5 décembre 2022 à 20h30 au cinéma Le Brady.

Un film de José Quintero

Avec Vivien Leigh, Warren Beatty, Lotte Lenya, Coral Browne

Scénario: Gavin Lambert, Jan Read (d’après l’œuvre originale de Tennessee Williams)

Durée: 103 mn

Production: GB (1962)

Pour définir Le Visage du plaisir, tiré d’un roman de Tennessee Williams, un néologisme
s’impose : le « mélodrag ». Soit une catégorie de mélodrames dont les héroïnes constituent des
alter ego de scénaristes et de cinéastes masculins généralement gays. Vivien Leigh y incarne une
ancienne star du théâtre qui entame une liaison avec un gigolo convoitant sa fortune. Mrs Stone,
comme nombre de personnages féminins créés par Williams, apparaît comme le double travesti
du dramaturge, investi de ses angoisses et de ses questionnements. Comme lui, elle est une
importante personnalité du monde du théâtre qui refuse de vieillir et oscille entre sa convoitise
pour de jeunes hommes et un fond de culpabilité bourgeoise. Subtilement queer et largement
Camp, le film était l’adaptation de son œuvre que Williams préférait.

Nos invités: Pascal Françaix, auteur de la trilogie Camp! (Marest Editeur) qui présentera la séance en vidéo, et Grégoire Halbout, maître de conférence émérite, spécialiste du cinéma classique hollywoodien.


Julien RIBEIRO

© Nanténé Traoré

Anthropologue de formation, Julien Ribeiro est curateur et fondateur du Lavoir Public, espace de création dédié aux écritures en mutation à Lyon, qu’il a dirigé jusqu’en 2016. Il travaille sur les impacts qu’a le politique sur nos vies et sur nos processus de création, la place des minorités jouant un rôle central dans cette recherche. Membre fondateur du collectif WAW (archive LGBTQI et Art contemporain), il est associé à la programmation de l’exposition David Wojnarowicz — History Keeps Me Awake at Night au Mudam (2019) et fait notamment partie du comité de suivi de l’exposition Histoire et mémoires des luttes contre le VIH/sida (2021) au Mucem de Marseille. Depuis 2020, il est membre de Curatorial Hotline. Il travaille aujourd’hui sur les savoirs «silenciés », la maladie comme partenaire en tant que curateur associé à l’Antre-Peaux (Bourges) et plus généralement aux nouvelles formes de transmissions de savoirs. Il s’occupe de la rubrique « Sida et cultures » de la revue Remaides. Il a été lauréat 2021 de la cité internationale des arts en collaboration avec le Cnap, la recherche qu’il y effectua porte sur les liens entre justice réparatrice et esthétique. Aujourd’hui, il travaille sur différents projets, dont Expanded Scream avec Stéphane Roussel, une exposition autour des cris, de leurs représentations et de leurs réceptions dans les histoires de l’art. Dès Septembre 2022, il sera l’artiste associé à l’université de Lille dans le cadre de la résidence Airlab avec le soutien du Fresnoy afin d’entamer une recherche autour de Cookie Mueller, des temporalités queers et de la traduction collaborative. Il sera, à partir de décembre 2022, de nouveau résident à la cité internationale des arts pour y poursuivre ses recherches.

Son site: http://julienribeiro.fr/

THE LEATHER BOYS

Lundi 24 octobre 2022 à 20h30 au cinéma Le Brady

Un film de Sidney J. Furie

Avec Rita Tushigham, Colin Campbell, Dudley Sutton

Scénario Gillian Freeman (d’après son roman)

Durée: 108 mn

Production: GB (1964)

Adapté d’un livre de 1961 et diffusé au Royaume-Uni trois ans plus tard, The Leather Boys est
loin du porno S/M que le titre laisse envisager. Le sous-texte, en revanche, est omniprésent,
tant les dialogues machos et les minettes qu’on épouse sans réfléchir font la part belle aux
amitiés masculines. Reggie, marié à 18 ans, se découvre des affinités pour le bien-nommé
Dick, qui l’accueille dans la chambre qu’il occupe chez sa grand-mère, où il faut partager un
lit. Quand Reggie comprend que sa femme lui ment à longueur de journée, il accepte l’offre de
Dick d’embarquer pour une nouvelle vie en Amérique. Vont-ils frotter leurs cuirs à celui de
Marlon Brando, ou partir en virée avec Easy Rider ? Rien n’est moins sûr dans le Londres
étriqué des années cinquante.

Notre invité : Richard Dyer, professeur émérite de cinéma à King’s College London, auteur
de nombreux ouvrages sur la représentation de l’homosexualité au cinéma.

Anne Delabre, Richard Dyer et Anne Crémieux. © Le7e genre

Présentation Powerpoint de Richard Dyer de The Leather Boy.


A toi l’antenne. Les lesbiennes et leurs amies à la télévision française des années cinquante et soixante.

Vendredi 30 septembre 2022 (16h-18h)Maison de la Recherche de Sorbonne Université, 28 rue Serpente, 75006 Paris, amphi Molinié (rez-de-chaussée).

Conférence avec Catherine Gonnard (chargée de mission à l’Ina) et Elisabeth Lebovici (historienne de l’art).

Résumé : « Entre 1955 et 1969, des cultures et sociabilités féminines non normatives apparaissent à la télévision française. Certaines émissions de variétés introduisent des formes de présentation de soi et de relationnalité rompant avec la hiérarchisation binaire des genres. Invisibles aux yeux d’un public non averti, ces figures, qui ne s’identifient pas comme homosexuelles, contribuent cependant à constituer la culture lesbienne francophone de l’après-guerre en objet d’études pour la théorie queer. »

Cet événement, organisé à l’initiative de l’association le 7e genre, se déroule dans le cadre du séminaire Genre, Médias et Communication, organisé par le laboratoire GRIPIC (CELSA/Sorbonne Université), avec le soutien de Philomel, réseau des études de genre à la Sorbonne.
Merci à Nelly Quemener et Virginie Julliard pour leur invitation.

Elisabeth Lebovici et Catherine Gonnard. Paris, 30 septembre 2022, Maison de la Recherche de Sorbonne Université.

URINAL

Lundi 26 septembre 2022 au cinéma Le Brady.

Un film de John Greyson

Avec Pauline Carey, Paul Bettis, George Spelvin, Keltie Creed

Scénario John Greyson

Durée 100 mn

Production Canada (1988)

Une équipe hétéroclite d’artistes célèbres décédé·e·s et de personnages de fiction – dont le
cinéaste soviétique Sergei Eisenstein, la peintre mexicaine Frida Kahlo et l’auteur Yukio
Mishima – sont mystérieusement convoqué·e·s dans le jardin de deux sculpteurs de Toronto
décédés depuis longtemps. Leur mission ? Faire des recherches sur la répression du sexe dans
les toilettes en Ontario et proposer des solutions à cette grave crise pour la communauté gay.
Parmi les membres du groupe, Dorian Gray est chargé d’infiltrer les forces de police en tant
qu’agent « gay » sous couverture. À la fois narratif et documentaire, Urinal réunit un
ensemble éblouissant de vidéos et d’animations par ordinateur pour explorer la politique du
sexe en public et le contrôle de la sexualité par la société.


Brigitte Duzan

Traductrice, chercheuse indépendante en littérature et cinéma chinois.

Chercheuse indépendante en littérature et cinéma chinois et traductrice du chinois, Brigitte Duzan a créé et anime deux sites web de référence sur la littérature chinoise moderne et contemporaine et sur le cinéma chinois :  http://www.chinese-shortstories.com/ et  http://www.chinesemovies.com.fr/

Ses principaux axes de recherches portent sur les nouvelles chinoises contemporaines et leurs auteurs, les adaptations cinématographiques d’œuvres littéraires chinoises, la littérature et le cinéma de wuxia et tout spécialement la littérature féminine chinoise.

Depuis 2012 elle anime un cours littérature et cinéma à l’Institut Confucius de l’université Paris Diderot, dans le cadre du cycle “De l’écrit à l’écran” et de recherches réalisées avec le CDCC (Centre de documentation sur le cinéma chinois de Paris).

Elle anime le ciné-club Chine de l’INALCO depuis 2013.

Elle est à l’origine de la création d’un Club de lecture de littérature chinoise contemporaine au Centre culturel de Chine à Paris et intervient également sur la littérature chinoise contemporaine en groupes de lecture (groupe parisien Voix au chapitre et affiliés).

Parmi ses traductions littéraires du chinois, on peut citer:

Neige, recueil de nouvelles de Pema Tseden écrites en tibétain et en chinois, cotraduction avec la tibétologue Françoise Robin, Philippe Picquier 2012, réédition poche 2016.

Continue à creuser, au bout c’est l’Amérique《挖下去就是美国》, recueil de nouvelles de Cao Kou (曹寇), Gallimard Bleu de Chine 2015.

A l’article de la mort 《弥留之际》 nouvelle de Sheng Keyi (盛可以), dans l’anthologie Les rubans du cerf-volant, Gallimard/Bleu de Chine, 2014.

Un Paradis《福地》novella de Sheng Keyi (盛可以), Philippe Picquier 2018, rééd. poche 2021.

Le Goût sucré des pastèques volées, recueil de souvenirs d’enfance de Sheng Keyi illustré de lavis de l’auteure, éditions Picquier, mai 2021.

Sur le balcon 《阳台上》, novella de Ren Xiaowen (任晓雯), L’Asiathèque, mai 2021.

A paraître en 2022

Le Serpent blanc, novella de Yan Geling, L’Asiathèque.

– Un deuxième recueil de nouvelles de Pema Tseden, éditions Picquier.

Roman

Funérailles molles《软埋》de Fang Fang (方方), L’Asiathèque, février 2019

Dans les revues littéraires

– Dans la revue Books :

« Escarmouche sur une table d’opération de chirurgie esthétique »《雨伞在整形手术台上打开》de Bao Jingjing (鲍鲸鲸) (n° 41, mars 2013) ;

« Le Dit du pêcheur » 《捕鱼者说》 de Sheng Keyi (盛可以), n° 48 de décembre 2013 ;

– Dans la revue Jentayu :

« L’assassin » 《杀手》de Tsering Norbu 次仁罗布 (n°2, été 2015)

« Le génie des eaux » 《水鬼》 de Su Tong 苏童 (n° 3, hiver 2015-2016)

« La route qui mène à la source du désert » 《通往滴水泉的路》de Li Juan 李娟 (n° 4, été 2016)

« La mère pocharde » 《酒婆》 de Feng Jicai (冯骥才) et « Peng Fei et Wang Aishu » 《彭飞和王爱书》 de Cao Kou (曹寇)  (n° 5, hiver 2016-2017)

« Tan Huiying » 《谭惠英》de Ren Xiaowen (任晓雯) (n° 6, été 2017)

 « Chenilles » 《毛毛虫》de Xu Yigua (须一瓜) (n° 8, été 2018)

« Les enfants du docteur Béthune » 《白求恩的孩子們》 (extraits) de Xue Yiwei 薛忔沩 (n° 9, hiver 2018-2019)

« IT84 » (extraits), Zhang Xinxin (n° 10, été 2019)

BEAUTIFUL THING ( version restaurée)

Lundi 14 juin à 20h30 au cinéma Le Brady ( en avant première, avant la reprise nationale le 30/06/21)

Séance présentée par Anne Delabre

Réalisé par HETTIE MACDONALD ( 1996)

Avec LINDA HENRY, GLEN BERRY, SCOTT NEAL, Ben Daniels, John Savage

Durée : 1h31. – Genre : Comédie, Romance

Un été long et chaud dans le sud de Londres. Jamie est rejeté par ses camarades de classe, Ste se fait battre par son père, et Leah s’évade dans l’univers musical des Mamas and Papas. Sandra, la mère de Jamie, généreuse et enjouée, se démène, aussi bien sur le plan professionnel qu’affectif, tout en essayant d’être au plus près de son fils. Pour échapper à la violence des siens, Ste trouve de plus en plus souvent refuge chez Sandra où il partage la chambre de Jamie. De cette promiscuité naît une amitié, puis une ambiguïté. Une aventure nouvelle débute alors pour Jamie et Ste…

Marguerite Chabrol

Universitaire

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Marguerite Chabrol est professeure en études cinématographiques à l’université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis. Ses recherches portent sur le cinéma classique hollywoodien et les relations du cinéma avec les autres
arts, principalement le théâtre et la musique dans leurs contextes culturels et médiatiques. Elle a publié De Broadway à Hollywood. Stratégies d’importation du théâtre new-yorkais dans le cinéma
classique américain
(CNRS Éditions, 2016) et Katharine Hepburn : Paradoxes de la comédienne (PUR, 2019). Elle a codirigé avec Laurent Guido une édition critique de Jane Feuer, Mythologies du film musical (Les presses du réel, 2016), et avec Pierre-Olivier Toulza Stars et solistes du musicalhollywoodien (Les presses du réel, 2017).
Elle s’intéresse plus particulièrement aux stars féminines hollywoodiennes classiques en éclairant leur carrière cinématographique à partir de leurs expériences musicales et théâtrales, domaines où les enjeux de genre présentent parfois des différences sensibles par rapport au cinéma. Elle travaille sur ce sujet à une série d’articles pour la revue théâtre, intitulés « Divas », et qui a commencé par des études sur Bette Davis et Mae West .

Elle était notre invitée lors de la séance consacrée à La Rumeur ( février 2014) et à Sylvia Scarlett ( novembre 2015)

Jacques Maillot

Réalisateur et scénariste

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Après des études à l’Institut d’études politiques de Lyon, il réalise son premier court-métrage en 1991 Des fleurs coupées , puis 75 centilitres de prière (1994) qui obtient le prix Jean Vigo la même année. En 1995, il réalise  Corps inflammables  et Entre Ciel et Terre.

Avec  Nos Vies heureuses en 1999, il passe au long métrage. Le film est sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes. Puis, en 2003, son film Froid comme l’été, produit et diffusé par Arte, est récompensé par le Prix Italia.

En 2008, il adapte à l’écran le roman autobiographique de Bruno et Michel Papet, Les Liens du sang, avec François Cluzet et Guillaume Canet dans les rôles principaux.

Au Festival de Cannes 2011, Il est membre du jury de la Caméra d’or en tant que représentant de la Société des Réalisateurs de Films. La même année il réalise La Mer à Boire avec Daniel Auteuil.

Il était notre invité lors de la séance consacrée à Corps Inflammables (octobre 2017)