A toi l’antenne. Les lesbiennes et leurs amies à la télévision française des années cinquante et soixante.

Conférence avec Catherine Gonnard (chargée de mission à l’Ina) et Elisabeth Lebovici (historienne de l’art).

Vendredi 30 septembre 2022 (16h-18h)Maison de la Recherche de Sorbonne Université, 28 rue Serpente, 75006 Paris, amphi Molinié (rez-de-chaussée).

Résumé : « Entre 1955 et 1969, des cultures et sociabilités féminines non normatives apparaissent à la télévision française. Certaines émissions de variétés introduisent des formes de présentation de soi et de relationnalité rompant avec la hiérarchisation binaire des genres. Invisibles aux yeux d’un public non averti, ces figures, qui ne s’identifient pas comme homosexuelles, contribuent cependant à constituer la culture lesbienne francophone de l’après-guerre en objet d’études pour la théorie queer. »

Cet événement, organisé à l’initiative de l’association le 7e genre, se déroule dans le cadre du séminaire Genre, Médias et Communication, organisé par le laboratoire GRIPIC (CELSA/Sorbonne Université), avec le soutien de Philomel, réseau des études de genre à la Sorbonne.
Merci à Nelly Quemener et Virginie Julliard pour leur invitation.

Entrée gratuite sur inscription via le lien suivant :   COMPLET


THE LEATHER BOYS

Lundi 24 octobre 2022 à 20h30 au cinéma Le Brady

Un film de Sidney J. Furie

Avec Rita Tushigham, Colin Campbell, Dudley Sutton

Scénario Gillian Freeman (d’après son roman)

Durée: 108 mn

Production: GB (1964)

Adapté d’un livre de 1961 et diffusé au Royaume-Uni trois ans plus tard, The Leather Boys est
loin du porno S/M que le titre laisse envisager. Le sous-texte, en revanche, est omniprésent,
tant les dialogues machos et les minettes qu’on épouse sans réfléchir font la part belle aux
amitiés masculines. Reggie, marié à 18 ans, se découvre des affinités pour le bien-nommé
Dick, qui l’accueille dans la chambre qu’il occupe chez sa grand-mère, où il faut partager un
lit. Quand Reggie comprend que sa femme lui ment à longueur de journée, il accepte l’offre de
Dick d’embarquer pour une nouvelle vie en Amérique. Vont-ils frotter leurs cuirs à celui de
Marlon Brando, ou partir en virée avec Easy Rider ? Rien n’est moins sûr dans le Londres
étriqué des années cinquante.

Notre invité : Richard Dyer, professeur émérite de cinéma à King’s College London, auteur
de nombreux ouvrages sur la représentation de l’homosexualité au cinéma


LE VISAGE DU PLAISIR (The Roman Spring of Mrs. Stone)

Lundi 5 décembre 2022 à 20h30 au cinéma Le Brady.

Un film de José Quintero

Avec Vivien Leigh, Warren Beatty, Lotte Lenya, Coral Browne

Scénario: Gavin Lambert, Jan Read (d’après l’œuvre originale de Tennessee Williams)

Durée: 103 mn

Production: GB (1962)

Pour définir Le Visage du plaisir, tiré d’un roman de Tennessee Williams, un néologisme
s’impose : le « mélodrag ». Soit une catégorie de mélodrames dont les héroïnes constituent des
alter ego de scénaristes et de cinéastes masculins généralement gays. Vivien Leigh y incarne une
ancienne star du théâtre qui entame une liaison avec un gigolo convoitant sa fortune. Mrs Stone,
comme nombre de personnages féminins créés par Williams, apparaît comme le double travesti
du dramaturge, investi de ses angoisses et de ses questionnements. Comme lui, elle est une
importante personnalité du monde du théâtre qui refuse de vieillir et oscille entre sa convoitise
pour de jeunes hommes et un fond de culpabilité bourgeoise. Subtilement queer et largement
Camp, le film était l’adaptation de son œuvre que Williams préférait.

Notre invité : Pascal Françaix, romancier et essayiste, auteur de plusieurs ouvrages sur le cinéma d’horreur et d’une récente trilogie consacrée au cinéma Camp (Marest Editeur).