HIGHT ART

Réalisation et scénario: Lisa Cholodenko

Montage : Amy E. Duddleston.

États-Unis. 1998. 101’. Fiction. VOSTF

Avec : Radha Mitchell, Ally Sheedy, Patricia Clarkson, Gabriel Mann.

Image : Tami Reiker. Musique : Shudder to
Think. Production : 391
Productions, Antidote Films.
Distribution : mk2 Films.
Restauration 4K : Academy Film Archive et UCLA Film & Television
Archive, en collaboration avec le Sundance Institute, sous la supervision et avec l’approbation de Lisa Cholodenko

Syd, jeune assistante dans un magazine de photographie, découvre que sa mystérieuse voisine est Lucy Berliner, une artiste autrefois adulée qui vit recluse avec sa compagne Greta. Fascinée par son travail, elle tente de la convaincre de reprendre la photographie et se rapproche peu à peu d’elle. Ce qui commence comme une rencontre professionnelle prend bientôt un tour intime. Entre les deux femmes naît une relation aussi charnelle que dévorante, où le désir se mêle à l’ambition, tandis que la drogue menace leur fragile équilibre.

Premier long métrage de Lisa Cholodenko et révélation du cinéma indépendant américain de la fin des années 1990, Hight Art puise librement dans l’univers de Nan Goldin. Présenté de Sundance à Cannes en passant par Deauville, il est devenu un classique du cinéma queer. Portée par deux interprétations magnétiques, cette histoire d’amour explore les rapports de pouvoir entre muse et artiste, les élans de la création et les ravages de l’addiction.

Le film saisit aussi avec acuité un milieu où la reconnaissance artistique peut attiser les sentiments autant qu’elle les compromet. La mise en scène, d’une élégance mélancolique, laisse affleurer sous chaque regard et chaque silence les fêlures de personnages en quête d’absolu

Le film, présenté en version restaurée 4K, sera suivi d’une rencontre avec Anne Crémieux, professeur de civilisation américaine à l’université Paul Valéry Montpellier 3, spécialisée en minorités, genre, sexualité et Anne Delabre, journaliste, autrice et programmatrice du ciné-club Le 7e genre


MYSTERIOUS SKIN

Réalisation, montage : Gregg Araki.

Scénario : Gregg Araki, d’après le roman éponyme de Scott Heim.

États-Unis. 2005. 105’. Fiction. VOSTF

Avec : Joseph Gordon- Levitt, Brady Corbet.

Image :Steve Gainer. Musique : HaroldBudd et Robin Guthrie.
Production : Antidote Films,Desperate Pictures, FortissimoFilms.

Distribution : mk2 Films.
Restauration 4K : Academy Film
Archive et UCLA Film

À huit ans, Brian Lackey se réveille dans la cave de sa maison, le nez en sang,sans aucun souvenir des heures précédentes. Dès lors, il souffre de cauchemars, craint l’obscurité et tente de comprendre ce qui lui est arrivé. Dix ans plus tard, persuadé d’avoir été enlevé par des extraterrestres, il cherche Neil McCormick, qui jouait autrefois dans la même équipe de baseball. Neil, devenu un adolescent insaisissable, garde de leur entraîneur un souvenir très différent. Leur rencontre pourrait enfin éclairer ce passé qui continue de bouleverser leurs vies.

Plus de vingt ans après sa sortie, Mysterious Skin demeure l’un des films marquants du cinéma queer contemporain. Adaptant le roman de Scott Heim, Gregg Araki entrelace deux façons de vivre avec une même blessure et explore les détours de la mémoire sans jamais céder au sensationnalisme. Il montre avec une grande justesse comment un traumatisme peut façonner les relations, les désirs et le regard que chacun porte sur soi. Sa mise en scène, à la fois sensuelle et mélancolique, laisse toute leur place aux silences, aux contradictions et au besoin de tendresse de ses personnages.

Portée par les interprétations saisissantes de Joseph Gordon-Levitt et Brady Corbet et par une bande
originale devenue culte, cette œuvre bouleversante conserve une force intacte.

Projection suivie d’une rencontre avec Fabien Demangeot, docteur en lettres modernes et en études cinématographiques, auteur de Gregg Araki, le génie queer (Playlist Society, 2024) et Anne Delabre journaliste, autrice et programmatrice du ciné-club Le 7e genre.


UNE HISTOIRE MONDIALE DU CINÉMA QUEER : MASTERCLASS AVEC DIDIER ROTH-BETTONI

Didier Roth-Bettoni
Didier Roth-Bettoni

Chéries-Chéris accueille le journaliste et historien du cinéma Didier Roth-Bettoni à l’occasion de la parution de son ouvrage Queer cinéma : 1895-2025, une histoire mondiale des représentations LGBTQI à l’écran (La Musardine, 2026) pour une masterclass suivie d’une séance de dédicaces. Vingt ans après L’Homosexualité au cinéma (La Musardine, 2007), Didier Roth-Bettoni poursuit son exploration des représentations LGBTQI à l’écran sous un nouveau titre, qui reflète les évolutions considérables de la société et du cinéma.
Considérablement remaniée et enrichie, cette nouvelle édition comprend une cinquième partie inédite consacrée aux vingt dernières années. Plus de 2 000 films supplémentaires viennent ainsi s’ajouter aux près de 6 000 déjà cités dans l’édition originale. À travers 1 500 pages couvrant la période de 1895 à nos jours, l’ouvrage met en lumière les œuvres, leurs auteur·rice·s, les personnages et leurs interprètes. Il s’attache surtout à retracer les transformations des représentations des personnes LGBTQI au fil de l’histoire du cinéma.

La rencontre est animée par Anne Delabre journaliste, autrice et programmatrice du ciné-club Le 7e genre.


THE FEMALE CLOSET

Réalisation, écriture, montage, production : Barbara Hammer

États-Unis. 1998. 57’.
Documentaire. VOSTF

À partir de photographies, de films de famille et de témoignages, Barbara Hammer retrace la vie de trois artistes de générations différentes. La photographe Alice Austen partagea près d’un demi-siècle avec Gertrude Tate ; l’artiste dadaïste Hannah Höch vécut une relation longtemps passée sous silence avec l’écrivaine Till Brugman ; la peintre Nicole Eisenman raconte, quant à elle, son cheminement vers une identité lesbienne assumée. Trois parcours singuliers qui invitent à regarder autrement leurs œuvres et les récits transmis leurs vies.
The Female Closet interroge la manière dont les musées et les historiens de l’art ont traité ces histoires d’amour et ces identités, parfois réduites au silence ou présentées comme de simples détails biographiques. Que devient la compréhension d’une œuvre lorsque des pans entiers de la vie de son autrice en sont écartés ?

Le film explore ce qui peut être révélé, ce qui demeure secret et le rôle des institutions dans la construction de notre mémoire collective. En faisant dialoguer les époques et les œuvres, la cinéaste poursuit l’un des grands projets de sa carrière : redonner une place aux lesbiennes dans une histoire dont elles ont trop souvent été écartées. Une enquête passionnante sur les liens entre création, vie intime et pouvoir des représentations.

Projection suivie d’une rencontre avec Nicole Fernández Ferrer, spécialiste du cinéma, de la vidéo féministes, présidente du Centre audiovisuel Simone de Beauvoir et Anne Delabre, journaliste, autrice et programmatrice du ciné-club Le 7e genre.


MISS O’GYNIE ET LES HOMMES FLEURS de Samy Pavel.

(1974 – Belgique – 1h42 – copie numérique)

Scénario : Mireille Arianas et Samy Pavel.

Image : Jean-Claude Neckelbrouck.

Son : André Brugmans.

Montage : Panos Papakyriakopoulos.

Musique : Gabriel Yared.

Interprètes : Martine Kelly, Niels Arelstrup, Richard Leduc, Gino Da Ronch, Thy-My Pecquet, Maurice Potelle.

Production : Groupe Bleu Films (Jacques Arnould), avec l’aide de la Communauté française de Belgique. Distribution: Cinémathèque royale de Belgique.

Pierre et Yves, deux homosexuels, vivent ensemble dans un village breton. Anne, une ancienne petite amie de Pierre, débarque et tente par tous les moyens de le reconquérir, jouant tour à tour la séduction, la détresse, la soumission…

Niels Arestrup trouve son premier rôle au cinéma dans ce film sulfureux, à la cruauté décadente, ponctué d’escarmouches sentimentalo-vénéneuses.

La séance sera suivie d’une discussion avec Anne Delabre journaliste, autrice et programmatrice du ciné-club Le 7e genre.