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Yannick Bellon (1924- 2019)

Scénariste, monteuse, productrice et réalisatrice française.

Crédit photographique: collection privée d’Eric Leroy.

Fille de la photographe Denise Bellon, elle a grandi dans un univers proche des surréalistes. Elle a d’abord fait des études au Centre artistique et technique des jeunes du cinéma à Nice durant l’occupation puis à l’IDHEC ( ex Fémis). Elle réalise son premier film Goémons en 1948 sur l’Ile bretonne de Beniguet. ( Grand prix International du documentaire à Venise la même année). Elle enchaine ensuite la réalisation de courts métrages, notamment Colette (1959) sur la vie et l’œuvre de l’écrivaine. Parmi ses longs métrages, on peut notamment citer : Quelque part quelqu’un ( 1972) avec sa sœur Loleh Bellon dans le rôle principal aux côtés de Rolland Dubillard; La femme de Jean ( 1974) ; L’amour violé ( 1978), L’Amour nu ( 1981) Les Enfants du désordre ( 1989) ou encore l’Affût ( 1992).

Elle nous a fait l’honneur de sa présence lors de la séance du cinéclub du 18 janvier 2016, consacrée à son film La Triche ( 1994) .

Un coffret regroupant ses huit long-métrages et six courts-métrages a été édité chez Doriane films en 2005.

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Conférence dans le cadre du programme ‘Unipop, Arts, littérature, cinéma’ (Pessac) jeudi 6 avril 2017: Le 7e Genre d’Hollywood

A l’invitation du Ciné-Marges-Club, Le 7e Genre organise une conférence dans le cadre de ‘L’Unipop, Arts, littérature, cinéma’, au cinéma Jean Eustache de Pessac (33) le jeudi 6 avril 2017. Ce programme de 33 cours de cinéma, ouverts à tous sur inscription, est proposé tous les jeudis soir entre septembre et juillet. 

16h15 – Projection de The Celluloid closet (1995) de R Epstein et J.Friedman (1995)

Au travers d’entretiens avec des personnalités de tous horizons et de nombreux extraits de films (Ben-Hur, La Corde, Cabaret, Philadelphia), The Celluloid Closet montre l’évolution des représentations de l’homosexualité dans le cinéma américain, des pires stéréotypes aux clins d’oeil ‘cryptogay’, censure oblige… Ours d’Or 1996 au Festival de Berlin (meilleur documentaire).

20h30 – Projection de La Rumeur de W Wyler (1961), avec Audrey Hepburn, Shirley MacLaine, Miriam Hopkins

Dans une petite ville de province, deux amies Karen Wright et Martha Dobie dirigent une institution pour jeunes filles, aidées par Lily, la tante de Martha, une ancienne actrice excentrique. Fiancée au médecin Joe Cardin, Karen a du mal à s’engager et à laisser à Martha la direction de l’école. Mary, une élève insolente et menteuse, alors qu’elle a été punie, lance la rumeur que les deux professeurs ont une relation « contre-nature ». Elle commence par le raconter à sa grand-mère…

LE COURS
« En 100 ans d’existence, le cinéma a rarement porté l’homosexualité à l’écran. Quand elle faisait une incursion au cinéma, c’était sur le mode de la dérision, de la pitié ou même de la peur. Ces images fugaces mais inoubliables ont laissé une empreinte durable. Hollywood, cette grande machine à fabriquer des mythes, a forgé la vision que les hétéros ont de l’homosexualité et celle que les homos ont d’eux-mêmes. » Tiré du livre de Vito Russo, The Celluloïd Closet propose un décryptage des moyens utilisés par les réalisateurs américains pour déjouer la censure (le code Hays), usant de métaphores et de sous-entendus, pour représenter ce qui ne pouvait l’être dans la société à partir des années 30. Puis les allusions ont laissé place aux clichés, avec des gays et des lesbiennes vus comme des êtres dégénérés, voués à une mort inéluctable… L’abandon du code à la fin des années 60 n’a pas empêché ces représentations négatives de perdurer dans un certain nombre de films.

 

 

Le 7e Genre au ‘Printemps des Associations’ 2017

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Les 25 et 26 mars, c’était le Printemps des Associations à l’Espace des Blancs Manteaux – le rendez-vous annuel des associations LGBT organisé par l’Inter-LGBT – et nous y étions ! Nous avons ainsi eu le plaisir de retrouver des visages familiers du ciné-club mais aussi de nombreux curieux qu’on aura (on espère) l’occasion de retrouver à notre prochaine séance au Brady, le 24 avril ou à notre tea-dance au Tango le 15 mai.

Un grand merci à Aylau Tik pour la photo ci-dessus (de gauche à droite : Delphine, Anne, Estelle, Octavie, Nicolas, Lætitia et Roman)


UN AUTRE REGARD

Séance du 30 janvier 2017

Titre original : Egymásra nézve

Réalisation : Károly Makk

Scénario : Károly Makk (d’après le livre de Erzsébet Galgóczi) 

Avec Jadwiga Jankowska-Cieslak, Grażyna Szapołowska, Jozef Króner

Durée : 1h47

Production : Hongrie (1982)

Malgré la froideur menaçante d’une guerre qu’opposent deux blocs idéologiques, une chaleur étrange inspire à deux femmes les sentiments les plus profonds. Entre Éva et Lívia, toutes deux journalistes, s’immiscent des désirs parfaitement légitimes bien que, dans la Hongrie de 1956, juridiquement illégaux. Prises dans ce tourbillon répressif mêlé au rejet social, chacune négocie cette intimité condamnée à travers un engagement éthique plus ou moins affirmé. Face à la violence et à l’exil intérieur, dans la présence politique du sentiment, son évocation laisse planer le pire, faute d’autre chose. Un autre regard conte avec précision et pudeur cette histoire d’homosexualité sous un régime communiste, déplaçant le fardeau du stéréotype par une rage du regard.
Jadwiga Jankowska-Cieslak reçoit le Prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes en 1982 pour le rôle d’Éva.

Nos invités : Mathieu Lericq, chercheur à l’Université d’Aix-Marseille, Roman Krakovsky, historien, spécialiste de l’Europe centrale et orientale

Séance organisée en parallèle du colloque international « Homosexualité communiste (1945-1989)« , organisé par Jérôme Bazin, Arthur Clech et Mathieu Lericq.

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La Rumeur

© Lost films

Réalisation: William Wyler, 1961, USA

Avec Audrey Hepburn, Shirley MacLaine, Miriam Hopkins

Le film est la deuxième tentative d’adapter sur grand écran la pièce de théâtre de Lillian Hellman, The Children’s Hour.

Cette pièce, qui se joue à Broadway en 1934, raconte l’histoire vraie de deux femmes tenant une école pour filles en 1809, et dont les vies ont été ruinées après qu’une étudiante les accusa d’être lesbiennes. Malgré l’omniprésence du Code Hays dans la prohibition de certains thèmes (dont l’homosexualité), la pièce connut un tel succès critique et commercial qu’il n’y eut pas vraiment de conséquences négatives, si ce n’est son interdiction de diffusion dans des villes comme Boston ou Chicago.

En 1936, William Wyler s’attelle à une première adaptation cinématographique avec Lillian Hellman au scénario et Samuel Goldwyn à la production, These Three. Le Code Hays étant en vigueur et sévère pour les productions cinématographiques, la parade trouvée pour le contourner est de faire de Karen Wright et Martha Dobie deux hétérosexuelles impliquées dans un triangle amoureux avec le même homme. Dans ce film, l’élément déclencheur n’est donc pas la diffusion d’une rumeur sur l’homosexualité mais sur l’adultère. La Motion Pictures Association of America (MPAA), puissante association de l’industrie du cinéma eut tellement peur qu’on découvrit les vraies origines de cette histoire qu’elle empêcha Wyler et United Artists de faire référence à la pièce, si bien que Lillian Hellman n’eut pas droit au crédit « d’après une pièce de Lillian Hellman ».

Vingt-cinq ans plus tard, en 1961, Wyler profite d’un (faible) vent de changement sur Hollywood pour reprendre cette histoire. Le Code Hays assouplit donc quelque peu ses règles si bien que l’homosexualité peut être mentionnée dans un long-métrage. Et certains décideurs n’hésitent pas à s’affirmer, comme le président de United Artists, Arthur Krim, qui se dit même prêt à sortir le film en 1961 sans l’approbation de la MPAA.

Le scénariste John Michael Hayes est choisi pour adapter de nouveau cette histoire, en conservant l’intrigue originale et la thématique lesbienne. Le résultat reste cependant très édulcoré et le film évoque seulement l’idée d’homosexualité. Dans le documentaire The Celluloid Closet (1995) de Rob Epstein and Jeffrey Friedman, Shirley Maclaine avoue qu’à aucun moment William Wyler a discuté avec les actrices des thèmes lesbiens : « We didn’t do the picture right (…) we were in the mindset of not understanding what we were basically doing ». Vingt ans plus tard, lors de la présentation de Carol (2015) au Festival de Cannes, Shirley Maclaine regrette de nouveau certains choix directoriaux : « Willie [Wyler] cut the scenes that indicated we were lovers, where I’m brushing Audrey’s hair, for example. There was no physical touching. I think he got afraid of it ».

La manière dont l’homosexualité est dépeinte et la non-volonté de la traiter comme elle aurait dû l’être créent une ambiguïté dans l’interprétation de l’œuvre. À la fin du film, on ne sait pas où est la réelle tragédie : si c’est à quel point les ragots peuvent ruiner des vies, ou bien si c’est de ressentir des sentiments pour une personne du même sexe. Martha ne supporte plus la culpabilité de ressentir cela, elle est dévastée et se déteste foncièrement pour être comme ça. Elle se qualifie même de « sick and dirty », ce qui est bien loin d’un cinéma qui prônerait l’acceptation de nos individualités. Même si le film dresse un portrait sincère des effets dévastateurs des ragots et d’une culture puritaine sur des vies innocentes, il restera une frustration de voir des personnages dans la fuite et le dégoût de soi.

Pauline Mauroux

GARÇON D’HONNEUR

Séance du 12 décembre 2016 

Titre original : The Wedding Banquet

Réalisation : Ang Lee

Scénario : Ang Lee, Neil Peng, James Schamus

Avec : Winston Chao, Mai Chin, Mitchell Lichtenstein

Durée : 1h46

Production : EU/Taïwan (1993)

Célèbre pour ses succès hollywoodiens comme Tigre et Dragon ou Le Secret de Brokeback Mountain, Ang Lee est moins connu pour ses films taïwanais tournés avant son installation aux Etats-Unis. Pushing HandsGarçon d’honneur et Salé Sucré constituent une sorte de « trilogie officieuse » autour du déracinement, une thématique parmi beaucoup d’autres dans cette comédie profondément humaniste. Un projet que le réalisateur mettra plus de cinq ans à réaliser en raison de la frilosité des producteurs à investir dans un film qui aborde l’homosexualité. Garçon d’honneur sera pourtant le plus gros succès du box-office taiwanais et le fer de lance d’une série de films LGBT produits en Asie dans les années 90. Le film a obtenu l’Ours d’or au Festival de Berlin en 1993.

Notre invité : Bastian Meiresonne, réalisateur et critique de cinéma, directeur artistique adjoint du Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul (FICA).

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THE WATERMELON WOMAN

Séance du 14 novembre 2016 

Réalisation : Cheryl Dunye

Scénario : Cheryl Dunye

Avec : Cheryl Dunye, Guinevere Turner, Valarie Walker

Durée : 1h30

Production : EU (1996)

En 1997, The Watermelon Woman est reçu comme le premier long métrage américain de fiction réalisé par une lesbienne afro-américaine. Le film raconte la relation amoureuse entre une femme blanche (Guenevere Turner) et une femme noire (Cheryl Dunye), qui elle-même fait un film sur la relation amoureuse entre une femme noire (« The Watermelon Woman ») et une femme blanche (inspirée de la réalisatrice lesbienne des années 30 Dorothy Azner). Cette comédie satirique, emblématique du New Queer Cinema, a marqué une génération où le militantisme féministe et lesbien se questionnait sur son multiculturalisme. Il s’est retrouvé au centre des « culture wars », qui opposèrent les conservateurs et les progressistes aux Etats-Unis dans les années 90 : Pat Buchanan, candidat présidentiel et représentant de la « moral majority », s’est en effet insurgé que The Watermelon Woman ait reçu des deniers publics du National Endowment for the Arts*…

*NEA : agence culturelle fédérale chargée d’aider les artistes et les institutions culturelles aux Etats-Unis

Notre invitée : Anne Crémieux, professeure en médias et civilisation américaine à l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis où elle enseigne le cinéma et les séries télévisées américaines, spécialiste de la représentation des minorités dans le cinéma.

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UN GOUT DE MIEL

Séance du 17 octobre 2016 

Titre original : A Taste of honey

Réalisation : Tony Richardson

Scénario : Tony Richardson, Shelagh Delaney (d’après sa pièce)

Avec : Rita Tushingham, Murray Melvin, Dora Bryan

Durée : 1h40

Production : GB (1961)

Dans les quartiers populaires de Manchester, une adolescente, Jo, se confronte aux grands tabous de son époque. Avortement, homosexualité, alcoolisme, racisme et féminisme sont les moteurs d’Un Goût de miel, film courageux signé Tony Richardson, célèbre porte-drapeau du ‘Free Cinema’. Adaptée d’une pièce à succès de la scène londonienne écrite par Shelagh Delaney, cette œuvre permet à l’inoubliable Rita Tushingham de trouver le premier rôle de sa carrière. Une performance si remarquée qu’à vingt ans à peine, elle se voit décerner le Prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes en 1962. Le Prix d’interprétation masculine est attribué à Murray Melvin pour le rôle du jeune homosexuel Geoffrey.

Notre invité : Gauthier Jurgensen, journaliste, spécialiste du cinéma social britannique.

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