UN AUTRE REGARD (EGYMASRA NEZVE)

Dimanche 19 novembre 2023 à 15h05 au MK2 Beaubourg. ( Dans le cadre du festival Chéries-Chéris 2023)

Hongrie. 1982. 102’
Fiction. VOSTF

Réalisation : Károly Makk
Avec : Jadwiga Jankowska-Cieslak, Grażyna Szapołowska, Jozef Kroner, Péter Andorai
Scénario : Károly Makk d’après le roman de Erzsébet Galgóczi
Image : Tamás Andor
Montage : György Sívó
Musique : László Dés, Janos Masik
Production : Mafilm Dialog Filmstudio, Connoisseur/Meridian Films Inc.

Après la révolution de 1956, la population hongroise vit sous le joug du totalitarisme communiste. Eva, journaliste militante lesbienne, reprend son travail de reporter au sein d’un journal de Budapest. Là, elle rencontre Livia, la femme d’un officier. L’attirance entre Eva et Livia grandit et toutes les deux s’engagent dans une liaison amoureuse qui défie le pouvoir politique en place et les pressions sociales.
Malgré la froideur menaçante d’une guerre qui oppose deux blocs idéologiques, une chaleur étrange inspire à deux femmes les sentiments les plus profonds. Prises dans un tourbillon répressif mêlé au rejet social, chacune négocie cette intimité condamnée à travers un engagement éthique plus ou moins affirmé. Adapté d’un roman d’Erzsébet Galgóczi, Un autre regard conte avec sensibilité cette histoire d’amour lesbien sous un régime communiste, déplaçant le fardeau du stéréotype par une rage du regard. Outre le Prix de la critique internationale, Jadwiga Jankowska-Cieslak reçut le Prix d’interprétation féminine pour le rôle d’Éva au Festival de Cannes en 1982.

Séance suivie d’une rencontre avec Mathieu Lericq, docteur en études cinématographiques, et Anne Delabre, journaliste, autrice et programmatrice du ciné-club Le 7e genre.


Olivia /Ciné-club REVUS ET CORRIGÉS #19

De : Jacqueline Audry ( 1951)
Avec : Edwige Feuillère, Simone Simon, Marie-Claire Olivia, Yvonne de Bray, Suzanne Dehelly
Durée : 01h35
Nationalité : France
Drame, romance, psychologie VF

1890.Mademoiselle Julie, professeur dans un pensionnat de jeunes filles, est une personnalité fascinante. À tel point qu’elle en vient à jeter le trouble chez l’une de ses élèves, Olivia, dont le cœur ne tarde pas à être en émoi. L’attitude pour le moins ambiguë du professeur pousse une jeune femme, Cara, très attachée à mademoiselle Julie, à commettre l’irréparable.

Pour cette rentrée du ciné-club de Revus et Corrigés, Anne Delabre, fondatrice l’association Le 7e genre viendra présenter le film Olivia. Et pour celles et ceux qui le souhaitent, la soirée se poursuivra au Bistrot des Cinéastes pour parler cinéma autour d’un verre.

TABLE-RONDE CINEMA DE PATRIMOINE

Samedi 22 avril 2023 à 14h00 au cinéma Le Brady.

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le cinéma de patrimoine : Pourquoi certains titres sont-ils devenus invisibles ? Qui décide de la restauration d’une œuvre et en quoi consiste-t-elle ? Quels sont les critères retenus pour la sélection ? Un film des marges peut-il devenir patrimonial ? Comment faire (re)découvrir un ‘vieux film’ ?…

Nos invité.e.s : Cécile Farkas, directrice éditoriale Doriane Films, Stéphanie Heuze, programmatrice, fondatrice de Hors-circuits (vente de livres et DVD/Blu-Ray, spécialiste des films rares, inclassables ou introuvables), Jean-Fabrice Janaudy, gérant-programmateur des Acacias distribution et cinéma Le Vincennes, Caroline Patte, chargée d’étude pour la valorisation des collections au Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC)


La Fourmilière (1971)

Mardi 11 avril 2023 à 20h30 au cinéma Le Brady.

Réalisation : Zoltán Fábri

Scénario : Zoltán Fábri, Endre Illés

Avec : Mari Törőcsik, Jaroslava Schallerová, Athina Papadimitriu, Ágnes Pataki

Hongrie – 1h35

Un couvent peut abriter les rivalités les plus secrètes, derrière lesquelles se cachent souvent les désirs les plus ardents. C’est précisément ce jeu de convoitise et de pouvoir dont La Fourmilière (Hangyaboly, 1971) témoigne, d’une façon subtile et presque intemporelle. Huis clos marivaudien à la fois politique et sentimental, adapté du roman éponyme de Margit Kaffka (paru en 1917), le film ne s’en tient pas au portrait lucide d’une dizaine de religieuses isolées. Cette œuvre haletante explore les rapports que chacune entretient à l’autorité (moins purement théologique que proprement humaine), au moment où l’institution ecclésiale doit se choisir une nouvelle mère supérieure. Un chef d’œuvre inédit en France réalisé par le grand cinéaste hongrois Zoltán Fábri (Un petit carrousel de fête, Le Cinquième Sceau), avec au casting la fascinante Mari Törőcsik.

La projection sera suivie d’un débat avec Mathieu Lericq, chercheur et enseignant à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis, spécialiste des cinématographies centre-européennes.
La séance est organisée en coopération avec l’Institut Liszt de Paris


Le Sang d’un poète (1930)

Lundi 3 avril 2023 à 20h30 au cinéma Le Brady.

Réalisation et scénario : Jean Cocteau

Avec : Enrique Rivero, Lee Miller, Féral Benga, Pauline Carton, Jean Desbordes

Premier film de Jean Cocteau, Le Sang d’un poète, tourné en 1930, est une œuvre dominée par le voyeurisme. Il s’agit, au propre et au figuré, de mettre son œil au trou de la serrure et de regarder en fraude ce que le monde interdit dissimule : les paradis artificiels, la sexualité déviante, l’inguérissable douleur de l’enfance blessée. L’écrivain Jean Desbordes, amant de Cocteau , y joue deux personnages : Louis XV et surtout l’ami du poète qui assiste à sa mort. Un film majeur, intemporel. Une occasion unique de voir Jean Desbordes qui après sa rupture avec Cocteau se maria. Sa femme, Madeleine, féministe avant l’heure, sera à ses côtés pendant la résistance. Elle fut déportée à Ravensbrück, il fut torturé à mort par la milice française sans parler

La projection sera suivie d’une rencontre-dédicace avec Olivier Charneux, écrivain, dramaturge et metteur en scène, autour de son dernier ouvrage, Le Glorieux et le maudit, Jean Cocteau-Jean Desbordes : deux destins (Seuil, 2023).


Eloy de la Iglesia, cinéaste de la transgression.

Samedi 1er avril 2023 de 14h00 à 19h30- cinéma Le Brady.

Focus sur deux films emblématiques inédits en France et conférence d’Emmanuel Le Vagueresse.

14h : Los Placeres ocultos (1977)

Los Placeres ocultos (Les Plaisirs cachés), montre un banquier ‘dans le placard’, en proie au doute sur la conduite à mener lorsqu’il tombe fou amoureux d’un jeune hétérosexuel, Miguel. Eloy de la Iglesia, l’un des réalisateurs les plus prolifiques des années 70 et début 80, mais aussi parmi les plus scandaleux, sait conjuguer (au grand dam des conservateurs d’un pays en pleine transition démocratique après la mort de Franco), propos politique et divertissement grand public… Sans oublier des regards glissants sur le corps du beau et sexy Miguel.

15h40 : « Les représentations des LGBTQI+ à l’écran pendant la période de la transition démocratique espagnole. »

Le 20 novembre 1975, le général Franco décède, après presque quarante ans de dictature. L’Espagne accède peu à peu à cette démocratie rêvée par la grande majorité de la population, Avec le droit de penser… et d’aimer comme on le souhaite. Du précurseur Cambio de sexo (Vicente Aranda, 1977), avec son personnage transgenre présenté positivement, jusqu’à la faune queer de Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier (1980), le premier long-métrage de Pedro Almodóvar, en passant par Los Placeres ocultos (1977) et El Diputado (1978) d’Eloy de la Iglesia, le nombre de films LGBTQI+ de cette époque de transition (entre 1975 et 1982) est impressionnant. Ils ont sans doute contribué à changer la société espagnole et le regard sur les gays, lesbiennes et trans.

Conférence d’Emmanuel Le Vagueresse, professeur de littérature et de cinéma espagnols à
l’Université de Reims- Champagne-Ardenne (URCA).

17h : El Diputado (1978)

El Diputado (Le Député) sort sur les écrans espagnols en octobre 1978, près de deux ans après la disparition du général Franco et un an après la fin de la censure. Ce film, inspiré en partie de la figure d’un député de gauche, montre le chemin parcouru par le cinéaste face à la visibilité et aux droits des homosexuel·le·s. Eloy de la Iglesia  n’hésite pas ici à obliger le protagoniste à affronter son désir intime – un désir qui devient ainsi public – et, aussi, à filmer des scènes de nu frontal qui contribuèrent à faire venir les spectateurs »

La projection sera précédée d’une présentation par Emmanuel Le Vagueresse
Le 7e  genre remercie tout particulièrement le festival Ecrans Mixtes (Lyon) pour le sous-titrage des deux films programmés.


Jeunes Filles en uniforme (Mädchen in Uniform)

Lundi 20 mars 2023 à 20h30 au cinéma le Brady.

Film de Leontine Sagan

Allemagne / 1931 / 96 min

D’après la pièce Gestern und Heute de Christa Winsloe.

Avec Hertha Thiele, Dorothea Wieck, Emilia Unda.

Dans un pensionnat allemand pour jeunes filles de bonne famille, où règne une stricte discipline, une élève s’éprend de sa professeure, au mépris des interdits. Réalisé en 1931 par Léontine Sagan, avec des sous-titres de Colette pour la version française, Jeunes filles en uniforme (Mädchen in Uniform), adaptation d’une pièce de Christa Winsloe datant de 1930, est l’un des premiers films dont l’intrigue s’articule ainsi autour de l’homosexualité féminine.

Avec son casting entièrement féminin, dont Erika Mann dans un second rôle, le film peut se lire à la fois comme une critique féministe d’une société patriarcale, une dénonciation de l’autoritarisme prussien et une célébration du désir lesbien.  Grand succès critique et public sous la République de Weimar, il fut interdit par le régime nazi et resta longtemps oublié.

Notre invitée: Florence Tamagne, maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Lille, et spécialiste de l’histoire de l’homosexualité. Elle a notamment publié Histoire de l’homosexualité en Europe, Berlin, Londres, Paris (1919-1939) (Seuil, 2000), Mauvais genre ? Une histoire des représentations de l’homosexualité (La Martinière, 2001) et Le crime du Palace. Enquête sur l’une des plus grandes histoires criminelles des années 1930 (Payot, 2017).


Cette séance est organisée en partenariat avec les éditions ErosOnyx , maison d’édition créée en 2007 spécialisée dans les «  ouvrages nouveaux ou anciens, originaux ou traductions, relatifs aux sexualités d’aujourd’hui, d’hier et de demain ».

En juin 2022, ErosOnyx a publié le livre Jeunes filles en uniforme (Hier et aujourd’hui) qui comprend une traduction française, modernisée, de la pièce de Christa Winsloe, Gestern und Heute (Hier et aujourd’hui), jouée à Berlin en 1930 et représentée à Paris dès 1932 sous le titre Demoiselles en uniforme. Il est accompagné du DVD du film de Leontine Sagan, Mädchen in Uniform ( Jeunes filles en uniforme ), tiré de la pièce allemande, sorti en 1931 en Allemagne et l’année suivante en France, en VO avec des sous-titres… de Colette.


Sois belle et tais-toi!

Lundi 20 février 2023 à 20h30 au cinéma Le Brady

Documentaire de Delphine Seyrig – (France – 1976 – 112 mn) – ressortie en copie restauré par la Bnf. (Splendor films)

En 1976, Delphine Seyrig s’entretient avec 23 actrices sur leurs conditions de femmes dans l’industrie cinématographique, leurs rapports avec les producteurs et réalisateurs, les rôles qu’on leur propose et les liens qu’elles entretiennent avec d’autres comédiennes.
Un documentaire culte, qui permet de réaliser ce qui a changé (ou pas).

La projection suivie d’un débat avec Anne Delabre, journaliste et programmatrice du ciné-club Le 7e Genre, Nicole Fernández Ferrer, membre du conseil d’administration et ancienne déléguée générale du Centre audiovisuel Simone de Beauvoir. et Geneviève Fraisse , philosophe de la pensée féministe et directrice de recherche émérite au CNRS


YOUNG SOUL REBELS

Lundi 16 janvier 2023 à 20h30 au cinéma Le Brady.

Un film de Isaac Julien.

Scénario: Isaac Julien et Paul Hallam

Avec Valentine Nonyela, Sophie Okonedo, Jason Durr, Mo Sesay.

Grand-Bretagne, 1991 – 102 mn)

Young Soul Rebels, inédit en salle en France, est le deuxième long métrage de Isaac Julien, artiste total récompensé par la Semaine de la Critique à Cannes en 1991, deux ans après le sulfureux Looking for Langston (1989) qui le fait remarquer de toute l’intelligentsia artistique par son esthétique mais aussi, son culot de présenter Langston Hugues, le plus grand poète africain américain, ouvertement comme gay.
Young Soul Rebels est cette fois ancré dans une réflexion sur le racisme au sein de la communauté gay dans le Londres de la fin des années 70 où Isaac Julien a fait ses armes. La liberté des relations interraciales n’empêche pas la question du racisme d’émerger autour d’une intrigue meurtrière sur fond de naissance du rap londonien.

Notre invité : Sandeep Bakshi , maître de conférence en études décoloniales et queer à l’UFR d’Études Anglophones de l’Université Paris Cité , auteur de l’ouvrage collectif Decolonizing Sexualities (2016).


LE VISAGE DU PLAISIR (The Roman Spring of Mrs. Stone)en copie 35mm.

Lundi 5 décembre 2022 à 20h30 au cinéma Le Brady.

Un film de José Quintero

Avec Vivien Leigh, Warren Beatty, Lotte Lenya, Coral Browne

Scénario: Gavin Lambert, Jan Read (d’après l’œuvre originale de Tennessee Williams)

Durée: 103 mn

Production: GB (1962)

Pour définir Le Visage du plaisir, tiré d’un roman de Tennessee Williams, un néologisme
s’impose : le « mélodrag ». Soit une catégorie de mélodrames dont les héroïnes constituent des
alter ego de scénaristes et de cinéastes masculins généralement gays. Vivien Leigh y incarne une
ancienne star du théâtre qui entame une liaison avec un gigolo convoitant sa fortune. Mrs Stone,
comme nombre de personnages féminins créés par Williams, apparaît comme le double travesti
du dramaturge, investi de ses angoisses et de ses questionnements. Comme lui, elle est une
importante personnalité du monde du théâtre qui refuse de vieillir et oscille entre sa convoitise
pour de jeunes hommes et un fond de culpabilité bourgeoise. Subtilement queer et largement
Camp, le film était l’adaptation de son œuvre que Williams préférait.

Nos invités: Pascal Françaix, auteur de la trilogie Camp! (Marest Editeur) qui présentera la séance en vidéo, et Grégoire Halbout, maître de conférence émérite, spécialiste du cinéma classique hollywoodien.

Présentation du film Le visage du plaisir par Pascal Françaix.