A la recherche de Mister Goodbar

Crédit photo: Paramount.

Réalisation : Richard Brooks
Scénario : Richard Brooks (d’après le roman de Judith Rossner)
Avec : Diane Keaton, Tuesday Weld, Richard Gere, William Atherton, Richard Kiley,
Tom Berenger.
Production : États-Unis (1977)
Durée : 136 mn

Theresa Dunn, célibataire d’apparence sage, travaille comme institutrice pour
enfants sourds le jour et s’aventure chaque nuit dans les quartiers chauds de New
York en quête d’expériences sexuelles avec des inconnus.

Dernier film important de Richard Brooks (Graine de violence, La Chatte sur un toit
brûlant, De Sang froid…), A la recherche de Mister Goodbar est une adaptation du
best-seller de Judith Rossner (1975), lui-même inspiré d’un fait-divers survenu deux
ans plus tôt. Naviguant entre les valeurs patriarcales et conservatrices de son
éducation et sa quête d’indépendance et de plaisir à tout prix, Theresa ne parvient
pas à trouver sa place. Est-elle réellement libre ? Cette fuite effrénée n’est-elle pas
illusoire ? Observant la libération sexuelle des années 70 sans l’idéaliser ni la
condamner, le film montre surtout la difficile condition féminine dans un contexte
social et culturel aliénant. Et dresse un portrait intime d’une jeune femme à la dérive,
avec Diane Keaton dans l’un de ses rôles les plus marquants, juste avant son Oscar
pour Annie Hall.

Notre invité : Gérald Duchaussoy, responsable de la section ‘Cannes Classics’
(section du festival de Cannes dédiée au cinéma de patrimoine) et co-directeur du
Marché international du film classique (MIFC) au festival Lumière (Lyon).


Cabaret Berlin, la scène sauvage.

Dans le cadre de la 31e édition du festival Chéries-Chéris.

Réalisation: Fabienne Rousso-Lenoir
Scénario: Fabienne Rousso-Lenoir
Montage: Philippe Baillon
Production: Bel Air Media
France, 2010, 70′, Documentaire, VOSTF

Intégralement composé de nombreuses et rares archives cinématographiques – grands classiques du cinéma allemand, mais aussi fictions tirées de l’oubli, films institutionnels, publicitaires, ou documentaires de l’époque – restaurées et passées en haute définition, Cabaret Berlin, la scène sauvage explore les petites scènes artistiques et politiques berlinoises des années 1919 à 1933, qui ont marqué de façon indélébile l’histoire du spectacle et dont l’influence se fait toujours sentir. Les cabarets berlinois reflètent en un miroir grossissant la courte et convulsive histoire de la République de Weimar, accompagnant ses métamorphoses, de l’inflation à la stabilisation, de la crise de 29 à la montée du nazisme.

Prenant pour objet critique la foisonnante réalité politique et sociale de l’époque, le film se déroule lui-même comme un spectacle de cabaret, mené en voix-off par l’acteur et chanteur allemand Ulrich Tukur et là dans le rôle de conférencier. Divertissement, ce documentaire atypique est aussi un essai critique sur la naissance et la mise en place de la modernité, dont Berlin fut incontestablement le centre européen.

Projection suivie d’une rencontre avec la réalisatrice Fabienne Rousso-Lenoir et Anne Delabre, programmatrice du ciné-club Le 7e genre.


The Danish Girl

Réalisation : Tom Hooper – 2015- 120 min.
Scénario : Lucinda Coxon d’après le livre Danish Girl de David Ebershoff

Direction artistique : Grant Armstrong
Décors : Eve Stewart
Costumes : Paco Delgado
Photographie : Danny Cohen
Montage : Melanie Oliver
Musique : Alexandre Desplat
Production : Tim Bevan et Eric Fellner, Anne Harrison, Tom Hooper, Gail Mutrux et Linda Reisman
Sociétés de distribution : Focus Features

Casting: Eddie Redmayne, Alicia Vikander, Matthias Schoenaerts, Ben Whishaw, Amber Heard…

Au milieu des années 1920 à Copenhague au Danemark, l’histoire d’amour et le destin remarquable de l’artiste danoise Lili Elbe, née Einar Wegener, peintre paysagiste estimée devenue la première femme transgenre de l’histoire à avoir obtenu des opérations de réassignation sexuelle, et de sa femme Gerda Wegener, portraitiste mondaine. Leur mariage pourtant fort et sincère est mis à mal, et leur développement, à la fois personnel et professionnel, est menacé tandis qu’elles s’embarquent sur les territoires encore inconnus de la transidentité tout en faisant face à la désapprobation de la société.

Séance suivie d’un débat avec Anne Delabre, programmatrice des ciné-clubs ‘Le 7e genre’ et Retour à l’Écran.


When night is falling

Dans le cadre de la 31e édition du festival Chéries-Cheris.

Réalisation: Patricia Rozema
Avec Pascale Bussières, Rachael Crawford, Don McKellar, Henry Czerny
Scénario: Patricia Rozema
Image: Douglas Koch
Montage: Susan Shipton
Musique: Lesley Barber
Production: Alliance Communications Corporation, Crucial Pictures, The Ontario Film Development Corporation, Téléfilm Canada
Canada, 1995, 94′, Fiction, VOSTF

Camille est enseignante en mythologie dans un collège religieux. Elle aime Martin, théologien dans la même institution mais ne se sent pas prête pour une union qu’on leur demande de légaliser au plus vite. Sa rencontre avec Petra, irrésistible jeune femme, acrobate dans un cirque ambulant, lui fait découvrir un monde chaotique et vibrant, peuplé de créatures étranges. Dans cet univers merveilleux et imprévisible où elle oublie prudence et raison, elle bascule dans une nouvelle façon d’aimer…

Réalisé en 1995, When night isfalling a acquis au fil des années le statut de film lesbien culte. Patricia Rozema tisse une histoire d’amour poétique et sensuelle, du frisson enivrant de la première attirance entre Camille et Petra à l’érotisme onirique de leur romance, accompagné de moments centrés sur le voyage personnel de Camille vers la découverte de soi. Jouant subtilement des silences et des non-dits, mais aussi de la fascination exercée par l’univers du cirque, la cinéaste canadienne crée une atmosphère à la fois féérique et ouatée. Captivant, tendre, émouvant, souvent drôle, ce conte lyrique s’appuie sur une mise en scène stylisée, une photographie de toute beauté et deux actrices à la parfaite alchimie : Rachel Crawford et Pascale Bussière.

Projection suivie d’une rencontre avec Anne Crémieux, professeur de civilisation américaine et Anne Delabre, programmatrice du ciné-club Le 7e genre.

Interview de Patricia Rozema, scénariste et réalisatrice du film, par Anne Crémieux.

Macho Dancer

Dans le cadre de la 31e édition du festival Chéries -Chéris.

Réalisation: Lino Brocka
Avec Daniel Fernando, Jaclyn Jose, Allan Paule, Jonard Abanco
Scénario: Amado Lacuesta, Ricardo Lee
Image: Joe Totanes
Montage: Ruben Natividad
Musique: Mon del Rosario
Production: Award Films, Special People Productions
Distribution: Carlotta Films
Philippines, 1988, 136′, Fiction, VOSTF

Après le départ de son amant américain, Paul, adolescent séduisant, quitte sa province natale pour rejoindre Manille afin de pourvoir aux besoins de sa famille. Noel, call-boy populaire, le prend bientôt sous son aile et lui fait pénétrer l’univers du strip-tease masculin, entre prostitution, drogue et corruption policière.

Réalisé en 1988 par Lino Brocka, d’après un scénario et une histoire d’Amado Lacuesta et Ricky Lee, Macho Dancer offre une description à la fois crue, drôle et authentique de l’homosexualité, des drag queens, du strip-tease masculin, de la prostitution et de l’industrie du porno aux Philippines. En prenant de front la sexualité et son économie dans le pays, Lino Brocka livre aussi une critique virulente de l’hypocrisie d’un système qui survécut tant au régime martial de Marcos qu’à la transition démocratique incarnée par Cory Aquino. Présenté à Chéries-Chéris en avant-première de la sortie prévue 2026 par Carlotta, Macho Dancer a été restauré et étalonné en 4K par Cité de Mémoire (Paris), à partir d’un scan 35 mm effectué au laboratoire Central Digital Lab Inc. (Manille). Le son a été synchronisé et restauré par L.E. Diapason (Paris).

Projection suivie d’une rencontre avec l’historien, professeur de cinéma et cinéaste Nick Deocampo et Anne Delabre, programmatrice du ciné-club Le 7e genre, avec Anne Crémieux pour la traduction instantanée.


L’Amour violé.

Dans le cadre d’un colloque international « #MeToo français dans le cinéma et les médias« (27-28 novembre 2025) à l’occasion des dix ans de la revue Genre en séries: cinéma, télévision, médias ?

Un film de Yannick Bellon

Avec: Nathalie Nell, Alain Fourès, Michèle Simonnet, Pierre Arditi, Daniel Auteuil

Scénario: Yannick Bellon

Durée: 115 mn

Production: France (1977)

Nicole, infirmière à Grenoble, est violée un soir par quatre hommes. Traumatisée, elle pense ne jamais pouvoir se remettre de ce choc. Sur les conseils d’une amie, elle finit tout de même par porter plainte afin que cette affaire puisse avoir une suite judiciaire.

L’Amour violé raconte l’histoire d’un fait divers. Un fait divers criminel, puisqu’il y a crime au regard de la loi là où il y a viol. Et c’est un crime que nous montre Yannick Bellon. Elle nous le décrit avec soin. Elle ne procède ni par ellipse ni par litote. Voici l’agression, le rapt, les insultes, les gifles, les coups, les larmes, les cris, la brutalité de l’acte, des actes sexuels. Et voici les conséquences physiques : le corps blessé, souillé, sali ; et, plus graves encore, les conséquences morales. (…) Mais pareil crime cesse, pour trop de gens, d’être criminel à cause de sa banalité même. Les chiffres, les statistiques le répètent : le viol participe d’une violence générale ordinaire. Yannick Bellon le situe donc en milieu très ordinaire. Cela se passe à Grenoble et dans la banlieue de Grenoble comme cela pourrait se passer n’importe où en France. Le lieu n’intervient en rien – que pour permettre d’assez fraîches et reposantes images de week-end dans la neige. La violée, son fiancé, ses amis sont des gens du modèle courant. Les violeurs aussi. Ni loubards voyous, ni marginaux inquiétants (Jean Louis Bory – Le Nouvel Observateur)

Nos invitées: Aurore Renaut, maîtresse de conférences en études cinématographiques et audiovisuelles, enseignante à l’Institut européen de cinéma et d’audiovisuel, et Cécile Farkas, directrice de programmation à Doriane Films et chez CapuSeen.


Néa

Lundi 27 octobre 2025, à 20h30 au cinéma Le Brady

NEA (1976) de Nelly Kaplan
Scénario : Nelly Kaplan, Jean Chapot (d’après le livre d’Emmanuelle Arsan)
Avec : Ann Zacharias, Samy Frey, Françoise Brion, Micheline Presles

En Suisse, au bord du lac Léman, Sybille Ashby, une adolescente rebelle, dont le meilleur ami est un chat appelé Cumes, détestant son environnement bourgeois, s’évade en écrivant un journal érotique qu’elle intitule Néa . Un libraire-éditeur (Samy Frey), Axel Thorpe, apprend son secret, s’intéresse à son manuscrit et lui signe un contrat, en conservant son anonymat. En manque d’expériences pratiques, Sybille pousse Axel à devenir son amoureux. Mais la belle aventure va bientôt déraper…

Avec cette adaptation du livre d’Emmanuelle Arsan (autrice à succès du célèbre Emmanuelle), Nelly Kaplan retourne les clichés des films érotiques de l’époque et, comme dans son premier film, La Fiancée du pirate , propose une fable sous le signe de la sorcière avec un ‘ regard féminin’ revendiqué. «’La sexualité lui apparaît être une force libératrice et elle prend le parti de sa mère, amoureuse, ô scandale, d’une autre femme, sa belle-sœur. Cette force, Sybille-Néa l’utilise, d’abord littérairement puis, d’une façon plus concrète, en engageant son propre corps. Nelly Kaplan, qui s’est souvent réclamée des surréalistes, exalte ici le « vivre dangereusement » et le caractère absolu de l’amour fou » (Jacques Siclier, Le Monde, 23/08/1976)

Notre invitée : Brigitte Rollet , chercheuse au Centre d’Histoire Culturelle des Sociétés Contemporaines de l’Université de Versailles Saint-Quentin, enseignante à Sciences Po. Spécialiste du cinéma français et des questions de genre et de sexualités au cinéma et à la télévision française, elle est l’autrice de plusieurs ouvrages sur des réalisatrices françaises et francophones.


RAK

© Marielle Issartel


La Femme de Jean

France, 1974, 1h44, couleurs, format

Réalisation Yannick Bellon
Scénario Yannick Bellon, avec la collaboration de Rémi Waterhouse
Photo Georges Barsky, Pierre-William Glenn
Musique Georges Delerue
Montage Janine Sée
Production Yannick Bellon, Les Films de l’Équinoxe
Interprètes France Lambiotte (Nadine Lescot), Claude Rich (Jean Lescot), Hippolyte Girardot (Rémi Lescot), Tatiana Moukhine (Christine), James Mitchell (David), Régine Mazella (Valérie), Andrée Damant (l’amie relieuse)

Restauration Les Films de l’Équinoxe au laboratoire Hiventy.
Distributeur Doriane Film

Après des années de vie commune, Nadine (France Lambiotte) est abandonnée par son mari Jean (Claude Rich). Son univers s’écroule. Passée la sidération, elle doit repartir de l’avant, s’occuper de son fils adolescent (Hippolyte Girardot) et trouver du travail. Elle fait la connaissance d’un étranger, David (James Mitchell), qui l’aide à reprendre courage.

De cette trame en apparence banale, la cinéaste tire une chronique subtile et nuancée. Elle suggère l’évolution de Nadine par touches légères, capte la variation de ses humeurs au fil des saisons, respecte le temps nécessaire à sa reconstruction. Bellon peint avec humour et délicatesse la relation de Nadine avec son fils, qui la regarde d’un œil neuf depuis la séparation. Elle ne charge pas non plus le personnage de Jean, qui finira par exprimer des regrets devant la transformation de celle qu’il a quittée.  

« Impressionniste et aigu, le beau film de Yannick Bellon vaut, notamment, par un double regard. L’un – qui s’embue, yeux rougis dans un visage crayeux – c’est celui d’une inconnue. France Lambiotte trace de Nadine un portrait à la fois si net et si tremblé qu’on le dirait tout barbouillé de confidences. L’autre regard – celui-ci ne cille pas – c’est celui de Yannick Bellon. » (Gilles Jacob, L’Express, 18 mars 1974)

Séance suivie d’un débat avec Eric Le Roy, chef de service Archives du CNC, historien du cinéma et Aurore Renaut, maîtresse de conférences en études cinématographiques et audiovisuelles (Université de Lorraine) et nouvelle directrice de l’Institut Européen de Cinéma et Audiovisuel (IECA).

Interview de notre invitée Aurore Renaut à propos de la rétrospective Yannick Bellon à l’Institut Lumière de Lyon.

© Doriane Films


Cruising- La Chasse

Dans le cadre du cycle Mes Films de Chevet, le rendez-vous des amoureux du cinéma proposé par le cinéma Majestic UGC et Plan-Séquence, en partenariat avec LillelaNuit. Les séances sont présentées et animées par Grégory Marouzé, rédacteur cinéma, qui vous invite à découvrir les plus grands films de l’histoire du cinéma et leur réalisateur. 

de William Friedkin (USA, 1980, 1h42, vostf)
avec Al Pacino, Paul Sorvino, Karen Allen

Enquêtant sur une série de meurtres, l’inspecteur Steve Burns est contraint d’infiltrer les milieux homosexuels new-yorkais. Il ne sortira pas indemne de cette expérience. Une hallucinante descente aux enfers qui suscita de nombreuses controverses à sa sortie.

Séance animée par Grégory Marouzé, rédacteur cinéma, et Anne Delabre, fondatrice du ciné-club Le 7e Genre