TORCH SONG TRILOGY

Séance du 22 février 2016

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Réalisation : Paul Bogart

Scénario : Harvey Fierstein (d’après sa propre pièce)

Avec : Anne Bancroft, Matthew Broderick, Harvey Fierstein

Durée : 2h

Production : EU (1988)

Juif et homosexuel, Arnold Beckoff travaille comme travesti professionnel dans un cabaret à New-York. Entre drame et comédie, Torch Song Trilogy retrace l’existence de ce personnage haut en couleurs, qui ne sombre pourtant jamais dans la caricature. Adaptation d’une pièce de théâtre éponyme écrite, mise en scène et interprétée par Harvey Fierstein à partir de trois pièces semi-autobiographiques jouées à Broadway à la fin  des années 70, le film n’a pas vieilli. « Et aujourd’hui encore, on est frappé par son activisme audacieux et la modernité des situations ou des thèmes évoqués (comme l’homoparentalité, le rapport entre la religion et la sexualité) qui nourriront, par exemple, près de quinze ans plus tard, la série Queer as Folk. Film homo mais pas que. Comme Queer as Folk ou dans un sens Brokeback Mountain, Torch Song Trilogy n’est pas un film sur l’homosexualité « ce douloureux problème » mais une histoire avec des personnages homosexuels confrontés comme les hétéros (mais avec les obstacles en plus liés à la différence) aux désordres amoureux et aux drames » (Nicolas Maille – Critikat – 12/05/2009)

Notre invité : Christian Bordeleau, metteur en scène. Il a adapté Torch song trilogy au Vingtième Théâtre (Paris) en 2005.

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LA TRICHE

Séance du 18 janvier 2016

Un film de : Yannick Bellon

Scénario : Yannick Bellon, Alain Marcel

Avec :Victor Lanoux, Xavier Deluc, Annie Duperey

Durée : 100min

Production :France (1984)

Le commissaire Verta navigue entre sa femme et des amants de passage, jusqu’au jour où il tombe amoureux de Bernard, un jeune musicien rencontré lors d’une enquête sur le meurtre d’un homosexuel. Ce pan de se vie risque de se voir révélé suite à un chantage auquel est mêlé Bernard et qui tourne mal  donnant lieu à investigation… Yannick Bellon a choisi de traiter ce thème par « envie de faire un film sur la différence amoureuse et (elle a) pensé que la bisexualité exprimait le mieux la liberté de l’amour. Elle dérange car la vie oblige à se définir et les bis ne peuvent être catalogués nulle part. »

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HAPPY TOGETHER

Lundi 14 décembre 2015

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Titre original : 春光乍洩, Cheun Gwong Tsa Sit

Réalisation : Wong Kar-Wai

Scénario :Wong Kar-Wai

Avec : Tony Leung, Leslie Cheung, Chang Chen

Durée : 1h36 min

Production : Hong-Kong (1997)

Je t’aime, moi (non) plus. Deux amants, Lai et Ho quittent Hong Kong pour tenter de raviver leurs amours en Argentine. Film guérilla improvisé au jour le jour (et pourtant parfaitement maîtrisé), il est né de deux pulsions extrêmes : d’un côté, le réalisateur Wong Kar-Wai, qui a voulu fuir le plus loin possible la rétrocession de l’ancienne colonie britannique de Hong Kong aux autorités chinoises ; de l’autre, la superstar Leslie Cheung osant publiquement officialiser sa relation de vingt ans avec un homme au risque de tout perdre dans une société curieusement rétrograde. Ce duo d’artistes va donner naissance à une histoire d’amour d’autant plus belle, que « le sexe des personnages n’a aucune incidence sur la manière de raconter une histoire ou sur la matière cinématographique » (Wong Kar-Wai in Les Inrockuptibles, 10/12/1997).

Notre invité : Bastian Meiresonne, réalisateur et critique de cinéma

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LA GARÇONNE dans le cadre du festival Chéries-Chéris (novembre 2015)

Vendredi 27 novembre au MK2 Beaubourg (Paris 3)

Le 7e genre est partenaire du festival de films LGBT de Paris ‘Chéries-Chéris’ pour ses séances spéciales ‘patrimoine’ 

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Affiche de Christian Broutin © Christian Broutin

LA GARÇONNE

Réalisation : Jacqueline Audry

Scénario : Jacqueline Audry, Pierre Laroche, Marcel Achard (d’après le roman de Victor Margueritte)

Avec : Andrée Debar, Fernand Gravey, Jean Danet, Colette mars

Durée : 1h37

Production : France (1957)

Au début des années 20, Monique Sorbier, jeune fille de bonne famille, découvre que son fiancé, auquel elle s’était donnée avant le mariage, a une liaison. Elle rompt aussitôt et décide de vivre sa vie, loin de sa famille et de son milieu. En femme libre. Menant une vie de débauche, entre drogues, liaisons multiples, notamment avec un danseur nu et une chanteuse de cabaret…

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SYLVIA SCARLETT

Séance du 16 novembre 2015

Réalisation : George Cukor

Scénario :Gladys Unger, John Collier, Mortimer Offner.

Avec : Katherine Hepburn, Cary Grant, Edmund Gwenn.

Durée : 1h35 min

Production : EU (1935)

Sylvia Scarlett est un film atypique dans le Hollywood des années 1930 : loin de se conformer aux schémas des genres cinématographiques dominants, ce récit picaresque qui s’apparente parfois à une comédie shakespearienne, est intégralement fondé sur le travestissement de l’héroïne. Apparemment sans queue ni tête, le scénario suit librement les protagonistes au fil de leurs improvisations – un trio de petits escrocs échafaudent des plans inutilement compliqués et finissent par fonder une troupe de comédiens ambulants. Ce projet très personnel de George Cukor et Katharine Hepburn a connu un échec retentissant au moment de sa sortie, avant de devenir un film culte, à cause de la modernité de son regard sur la sexualité et la fluidité des genres.

Notre invitée : Marguerite Chabrol, professeure d’études cinématographiques à l’université Paris 8. Elle a notamment publié Katharine Hepburn : Paradoxes de la comédienne (PUR, 2019).

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TAXI ZUM KLO

Séance du 19 octobre 2015.

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Réalisation : Franck Ripploh

Scénario : Franck Ripploh

Avec :Franck Ripploh, Bernd Broaderup,

Durée : 1h32 min (Int – 16 ans)

Production :Allemagne (1980)

D’inspiration très autobiographique, Taxi Zum Klo suit le parcours d’un instituteur gay dans le Berlin-Ouest des années 80 pré-sida. Le réalisateur Franck Ripploh, qui se met en scène lui-même avec humour, filme son quotidien de dragueur invétéré, amateur de rencontres sexuelles en tous genres, qui s’accommode difficilement de ses tentatives de vie de couple et de fidélité. « Taxi Zum Klo nous entraîne ainsi dans les toilettes publiques (Klo) – espace neutre où se réfugiaient encore des hommes marginalisés qui cherchaient à échapper au regard public. Instauré par les nazis, le paragraphe 175 qui criminalisait l’homosexualité ne sera de fait abrogé qu’en 1994 – même si dans la pratique, il n’est plus appliqué à partir des années 70 » (Stéphane Bouquet, in Festival ‘Reflets de cinéma allemand’ en Mayenne, mars 2014)

Notre invité : Stéphane Bouquet, écrivain, scénariste et critique de cinéma.

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LES AMOUREUX

Séance du 21 septembre 2015.

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Réalisation : Catherine Corsini

Scénario : Catherine Corsini et Pascale Breton

Avec : Nathalie Richard, Pascal Cervo,

Durée : 1h28 min

Production :France (1993)

Après des années d’absence, Viviane, 30 ans, revient dans son village des Ardennes. Elle y retrouve son demi-frère cadet, Marc, 15 ans, en pleine découverte de son homosexualité et fasciné par cette aînée au parcours tumultueux. Femme libre et libérée, Viviane prend Marc sous son aile et l’entraîne dans ses virées. Vertige de l’amour, confusion des sentiments et pulsions sexuelles se mêlent à une urgence de vivre qui mèneront Viviane et Marc jusqu’au bout d’eux-mêmes. Deuxième long-métrage de Catherine Corsini et premier rôle pour Pascal Cervo, Les Amoureux est né dans l’esprit de la réalisatrice en pensant à un ami : « Quand je traversais des petites villes de province, j’avais l’impression que c’était plus facile de vivre son homosexualité à Paris que dans un bled paumé au vu et au su de tout le monde, là où les mentalités n’ont pas bougé. »

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Notre invitée : Catherine Corsini, réalisatrice.

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PRICK UP YOURS EARS

Séance du 15 juin 2015

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Réalisation : Stephen Frears

Scénario : Alan Bennett (d’après la biographie de John Larh sur Joe Orton)

Avec :Gary Oldman, Alfred Molina, Vanessa Redgrave.

Durée : 1h51 (int – 12 ans)

Production : GB (1987)

Londres, 1967 : Lors de la découverte du corps du célèbre dramaturge Joe Orton et de son amant Kenneth Halliwell, Peggy Ramsay, l’agent littéraire d’Orton, récupère le journal de l’écrivain. Plusieurs années après, elle le remet à un homme qui souhaite écrire la biographie de l’artiste. Il y découvre le récit tourmenté de ses débuts difficiles et de sa relation passionnelle avec son amant, puis de ses années de gloire…

« En 1987 quand sort sur les écrans français Prick up your ears de Stephen Frears, je sors de l’école de cinéma (Idhec – devenu la Fémis depuis). J’ai découvert le réalisateur un an plus tôt avec son film précédent: My Beautiful Laundrette. C’est un choc, la découverte d’un réalisateur qui pose un regard aimant sur les homosexuels. Une approche à laquelle le cinéma (français) ne m’a pas trop habitué jusqu’alors. Prick up your ears est une plongée dans la vie gay londonienne des années 60. Pourtant les personnages semblent respirer le même air que nous à l’époque. Le film explore une relation SM, mais reste ironique et garde, dans mon souvenir, un aspect de fable. » (Olivier Ducastel)

Notre invité : Olivier Ducastel, co-scénariste et co-réalisateur avec Jacques Martineau de sept long-métrages (dont Jeanne et le Garçon formidable), directeur du département réalisation de la Fémis (école nationale des métiers de l’image et du son).

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LA FÉLINE

Séance du 18 mai 2015.

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Titre original : Cat People

Réalisation : Jacques Tourneur

Scénario : DeWitt Bodeen

Avec: Simone Simon, Kent Smith, Tom Conway, Jane Randolph,

Durée : 1h13

Production : EU (1942)

Jeune dessinatrice de mode d’origine serbe, Irena Dubrovna, pense être la descendante de monstres slaves. Au zoo de Londres où elle fait des esquisses d’une panthère noire, elle rencontre Oliver Reed, un ingénieur américain en construction navale. Ils tombent rapidement amoureux et Irena accepte le mariage mais se montre effrayée à l’idée de perdre sa virginité car, selon les vieilles légendes de son pays, elle se métamorphosera en féline et dévorera son amant lorsqu’il l’embrassera…

 « C’est dans la deuxième scène de La Féline que les allusions sexuelles se précisent. Finalement vous trouvez qu’il vaut mieux, pour la tension dramatique et la qualité du film, que le sexe reste objet de discours et qu’il n’y ait aucun passage à l’acte. C’est sans doute ce que votre mère aurait pensé. Vous vous surprenez à penser comme votre mère. Vous êtes prise au piège. Vous cherchez les moyens de vous libérer. Vous vous préparez. » (Que font les rennes après Noel ? d’Olivia Rosenthal, Ed. Gallimard)

Notre invitée : Olivia Rosenthal, écrivaine et dramaturge.

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