Film inaugural du ciné-club ‘Le 7e genre’ programmé le 23 avril 2013, La Meilleure façon de marcher ressort en salles le 6 mars 2019.
Six ans après sa projection au Brady, en présence de Patrick Bouchitey qui nous fit l’honneur de sa présence, venez (re)découvrir ce premier film de Claude Miller, réflexion aiguisée sur la question de la norme et du rejet de la différence, sur la masculinité et ses clichés.
Avec : Marie-Claire Olivia, Edwige Feuillère, Simone Simon
Durée : 1h35
Production : France (1950)
Arrivée dans son nouveau pensionnat en France, la jeune anglaise Olivia découvre un monde de liberté ainsi que l’amour en la personne de la directrice, Mlle Julie (Edwige Feuillère), en couple avec son associée Mlle Cara (Simone Simon). Elle fera aussi l’apprentissage de la souffrance, de la jalousie et de la séparation… Film le plus audacieux de Jacqueline Audry, cette adaptation du roman autobiographique à succès de Dorothy Bussy Olivia, publié sous pseudonyme en 1948 par Leonard Woolf (veuf de Virginia), divisa la critique lors de sa sortie en salles en raison de sa dimension éminemment transgressive.
Notre invitée : Brigitte Rollet, spécialiste des questions de genre et de sexualité sur le grand et le petit écran, chercheuse au Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines et enseignante à Sciences-Po. Elle est notamment l’autrice de Jacqueline Audry. La femme à la caméra (PUR, 2015).
Scénario : Juliusz Machulski, Jolanta Hartwig, Pavel Hajný
Avec : Olgierd Łukaszewicz , Jerzy Stuhr, Dorota Stalinska
Durée : 1h56
Production : Pologne (1984)
Sexmission s’ouvre sur le réveil de deux savants, Max et Albert, qui ont participé à une expérience les ayant plongés dans un sommeil artificiel entre 1991 et 2044. Le monde qu’ils découvrent a pour particularité de laisser seules les femmes assumer le pouvoir. Progressivement, leur présence fait chanceler l’organisation politique totalitaire… Réalisé en 1984 – c’est-à-dire dans un contexte historique où le sida fait peser sur les rapports sexuels une menace mortelle – ce film atypique aborde à travers la science-fiction les questions relatives au rapport femmes-hommes, au genre, à la sexualité, à la filiation et à la génétique. Employant un humour décapant, l’œuvre marque surtout le spectateur par son attachement à l’absurde et à la satire, puisant son imaginaire dans les œuvres de Federico Fellini ainsi que dans la tradition littéraire polonaise. À mi-chemin entre la fresque d’anticipation post-apocalyptique et le pamphlet féministe, ce film culte invite à une stimulante méditation sur la valeur politique des relations intimes en milieu communiste.
Nos invité-e-s : Ania Szczepanska, maîtresse de conférence en histoire du cinéma à l’Université Paris 1 et Mathieu Lericq, chercheur en cinéma à l’Université Aix-Marseille, Roman Krakovsky, historien, enseignant-chercheur, spécialiste de l’Europe centrale et orientale.
Scénario : Antony Cordier avec la collaboration de Julie Peyr
Avec Johan Libéreau, Salomé Stévenin, Jean-Philippe Ecoffey
Durée : 1h42
Production : France (2005)
À 17 ans, Mickaël est capitaine de l’équipe de judo et prépare le bac. Tout irait bien si sa famille n’avait pas des problèmes d’argent chroniques. Et surtout s’il n’était pas étrangement tenté de partager sa fiancée de toujours, Vanessa, avec Clément, nouvellement arrivé, dont le riche père est devenu le sponsor de l’équipe…
Réalisation : Tomás Gutiérrez Alea et Juan Carlos Tabío
Scénario : Tomás Gutiérrez Alea et Senel Paz (d’après sa nouvelle El Bosque, el lobo y el hombre nuevo)
Avec : Jorge Perugorría, Vladimir Cruz, Mirta Ibarra
Durée 1h51
Production : Cuba/Esp/Mexique (1993)
La Havane, 1979. Diego, homosexuel raffiné, aime son pays mais se situe en marge du projet castriste du fait de sa sexualité, réprimée par le régime. Il fait la connaissance de David, un jeune et beau militant communiste qui le surveille, soupçonnant en lui l’ennemi. Mais les rapports entre eux vont, contre toute attente, évoluer… Énorme succès à Cuba, puis un peu partout dans le monde, ce film multi-récompensé de Tomás Gutiérrez Alea et Juan Carlos Tabío signe le renouveau du cinéma cubain à l’étranger. Preuve d’une ouverture certaine du régime, il en est aussi la vitrine la plus présentable, et ce mélange entre ‘fraise et chocolat’ n’est pas sans ambiguïtés quant au ‘message’ qu’il veut véhiculer sur l’image des homosexuels cubains, surtout vis-à-vis du public étranger.
Notre invité : Emmanuel Le Vagueresse est professeur à l’Université de Reims. Spécialiste de littérature espagnole, de cinéma hispanique et de séries télévisées, il a écrit, traduit ou co-dirigé une dizaine d’ouvrages et publié une centaine d’articles sur ses spécialités, notamment sur les liens entre gender, eros et politique dans le monde ibérique et latino-américain.
Nouvelle de l’écrivain et scénariste cubain Senel Paz dont est issue le film, El lobo, el bosque y el hombre nuevo a été publiée et traduite en France en 2001, aux éditions Fayard, dans la collection Mille et une nuits, sous le titre Fresa y chocolate.
Scénario : Tudor Gates (d’après le roman Carmilla de Joseph Sheridan Le Fanu)
Avec : Ingrid Pitt, George Cole, Peter Cushing
Durée : 1h31
Production : GB (1970)
La Comtesse Karnstein confie sa fille Marcilla au général Von Spielsdorf. Mais la Comtesse et Marcilla ne sont que la même personne, un vampire qui séduit plus les femmes que les hommes. Le général et le Baron Von Hartog sont déterminés à venger, l’un sa fille, l’autre sa soeur.
Carmilla, dont est tiré le film, est un roman fantastique appartenant au mouvement gothique, de l’écrivain irlandais Joseph Sheridan Le Fanu, paru en 1872 dans le recueil In a Glass Darkly (Les Créatures du miroir). Il a été édité et traduit pour la première fois en France en 1960 par les Editions Denoël, dans la collection Présence du Futur.
Une exploration du traitement de l’homosexualité dans les films de l’âge d’or d’Hollywood, des années 30 aux années 60.
Ecrit et réalisé par Mark Rappaport, auteur notamment des films-essais Rock Hudson’s Home Movies (1992) et From the Journals of Jean Seberg (1995). Nombre de ses articles sur le cinéma ont été publiés dans la revue Trafic.Cinéma et Le spectateur qui en savait tropest le premier recueil de ses écrits, paru chez POL en 2008.
Pour cette reprise de films du ciné-club Le 7e genre, focus sur l’amour dans la tourmente de l’histoire…
13H40 ► UN AUTRE REGARD (1h47) de Károly Makk (Hongrie – 1982) avec Jadwiga Jankowska-Cieslak, Grażyna Szapołowska, Jozef Króner. Entre Éva et Lívia, toutes deux journalistes, s’immiscent des désirs parfaitement légitimes bien que, dans la Hongrie de 1958, juridiquement illégaux.
15H45 ► LE BAISER DE LA FEMME ARAIGNÉE(2h) de Hector Babenco (Brésil/USA – 1985) Avec William Hurt, Raul Julia, Sonia Barga Portrait implacable de la répression sexuelle, idéologique et physique sous le joug d’un régime totalitaire d’Amérique du sud au travers de la relation complexe entre deux prisonniers que tout oppose, pourtant réunis par leur même statut de déviants politiques.
18H00 ► NOUS ÉTIONS UN SEUL HOMME (1h31) de de Philippe Vallois (France – 1979) Avec Serge Avédikian, Piotr Stanislas, Catherine Albin «à la fois une oeuvre secrète et une oeuvre culte. Secrète, car méconnue depuis trente-cinq ans. Et culte, car ceux qui l’ont vue vouent une admiration profonde pour ce très singulier objet qui est, à coup sûr, le grand film gay français des seventies.» Didier Roth-Bettoni
Films muets en ciné-concert lundi 12 février 2018 à la Fondation des Etats-Unis
Le 7e genre, en partenariat avec la Fondation des Etats-Unis (FEU) de la Cité internationale universitaire de Paris (CIUP), vous invite à une séance gratuite spéciale films muets mettant en scène les questions de genres et de sexualités minoritaires.
Notre invité : Francis Bordat, professeur émérite de civilisation américaine à l’université de Paris-Ouest Nanterre, a publié de nombreux ouvrages sur le cinéma hollywoodien. Spécialiste du cinéma burlesque et de Charlie Chaplin, il est notamment l’auteur de Chaplin cinéaste (Editions du Cerf). Il est cofondateur et membre du CICLAHO (Groupe de recherche sur le cinéma classique hollywoodien).
Au programme, des films de 1895 à 1925 avec Stan Laurel, Charlie Chaplin, Ethelyn Gibson et même un cochon danseur ! Parce que depuis toujours, et certainement depuis la naissance du cinéma, les artistes de tout poil défient les genres. Stan en détective précieux n’hésite pas à s’habiller en femme pour résoudre des énigmes dans « Plus fort que Sherlock Holmes » (The Sleuth) tandis que Charlot retrouve son costume de femme sophistiquée dans « Mam’zelle Charlot » (A Woman), un costume que vous reconnaîtrez si vous avez vu « A Film Johnnie » à un précédent ciné-concert. Ethelyn Gibson s’habille en homme pour échapper à des soupirants plus qu’insistants, un sujet d’actualité s’il en est. Entre chaque film, une petite curiosité sonore de 1895, quand Thomas Edison rêvait d’allier son Kinetoscope à son Phonographe.
Les films muets sont accompagnés par les résidents musiciens de la FEU et leurs invités.
Plus d’informations : fr.feusa.org/cine-concert-2018/