SYLVIA SCARLETT

Séance du 16 novembre 2015

Réalisation : George Cukor

Scénario :Gladys Unger, John Collier, Mortimer Offner.

Avec : Katherine Hepburn, Cary Grant, Edmund Gwenn.

Durée : 1h35 min

Production : EU (1935)

Sylvia Scarlett est un film atypique dans le Hollywood des années 1930 : loin de se conformer aux schémas des genres cinématographiques dominants, ce récit picaresque qui s’apparente parfois à une comédie shakespearienne, est intégralement fondé sur le travestissement de l’héroïne. Apparemment sans queue ni tête, le scénario suit librement les protagonistes au fil de leurs improvisations – un trio de petits escrocs échafaudent des plans inutilement compliqués et finissent par fonder une troupe de comédiens ambulants. Ce projet très personnel de George Cukor et Katharine Hepburn a connu un échec retentissant au moment de sa sortie, avant de devenir un film culte, à cause de la modernité de son regard sur la sexualité et la fluidité des genres.

Notre invitée : Marguerite Chabrol, professeure d’études cinématographiques à l’université Paris 8. Elle a notamment publié Katharine Hepburn : Paradoxes de la comédienne (PUR, 2019).

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TAXI ZUM KLO

Séance du 19 octobre 2015.

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Réalisation : Franck Ripploh

Scénario : Franck Ripploh

Avec :Franck Ripploh, Bernd Broaderup,

Durée : 1h32 min (Int – 16 ans)

Production :Allemagne (1980)

D’inspiration très autobiographique, Taxi Zum Klo suit le parcours d’un instituteur gay dans le Berlin-Ouest des années 80 pré-sida. Le réalisateur Franck Ripploh, qui se met en scène lui-même avec humour, filme son quotidien de dragueur invétéré, amateur de rencontres sexuelles en tous genres, qui s’accommode difficilement de ses tentatives de vie de couple et de fidélité. « Taxi Zum Klo nous entraîne ainsi dans les toilettes publiques (Klo) – espace neutre où se réfugiaient encore des hommes marginalisés qui cherchaient à échapper au regard public. Instauré par les nazis, le paragraphe 175 qui criminalisait l’homosexualité ne sera de fait abrogé qu’en 1994 – même si dans la pratique, il n’est plus appliqué à partir des années 70 » (Stéphane Bouquet, in Festival ‘Reflets de cinéma allemand’ en Mayenne, mars 2014)

Notre invité : Stéphane Bouquet, écrivain, scénariste et critique de cinéma.

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LES AMOUREUX

Séance du 21 septembre 2015.

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Réalisation : Catherine Corsini

Scénario : Catherine Corsini et Pascale Breton

Avec : Nathalie Richard, Pascal Cervo,

Durée : 1h28 min

Production :France (1993)

Après des années d’absence, Viviane, 30 ans, revient dans son village des Ardennes. Elle y retrouve son demi-frère cadet, Marc, 15 ans, en pleine découverte de son homosexualité et fasciné par cette aînée au parcours tumultueux. Femme libre et libérée, Viviane prend Marc sous son aile et l’entraîne dans ses virées. Vertige de l’amour, confusion des sentiments et pulsions sexuelles se mêlent à une urgence de vivre qui mèneront Viviane et Marc jusqu’au bout d’eux-mêmes. Deuxième long-métrage de Catherine Corsini et premier rôle pour Pascal Cervo, Les Amoureux est né dans l’esprit de la réalisatrice en pensant à un ami : « Quand je traversais des petites villes de province, j’avais l’impression que c’était plus facile de vivre son homosexualité à Paris que dans un bled paumé au vu et au su de tout le monde, là où les mentalités n’ont pas bougé. »

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Notre invitée : Catherine Corsini, réalisatrice.

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LOLA ET BILIDIKID

Séance du 20 avril 2015.

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Titre original : Lola und Bilidikid

Réalisation : Kutluğ Ataman

Scénario : Kutluğ Ataman

Avec : Gandli Mukli, Baki Davrak, Erdal Yildiz,

Durée : 1h31mn (int – 16 ans)

Production : Allemagne (1999)

Murat, 17 ans vit à Berlin. Pas facile de se découvrir gay dans une famille d’origine turque qui considère l’homosexualité comme la pire des malédictions. Il vit avec sa mère et Osman, son frère aîné, devenu chef de famille après la mort de son père. Mais Murat apprend un jour qu’Osman a chassé un troisième frère, homosexuel lui-aussi. L’adolescent décide alors de partir à la recherche de celui qui se fait appeler ‘Lola’, vedette d’un spectacle travesti, et se plonge dans l’underground berlinois. Un univers hors norme où il se sent bien et qui lui permet de partir en quête de son identité sexuelle et culturelle. Véritable antidote aux préjugés raciaux et sexuels, le film de Kutlug Ataman a remporté de nombreuses récompenses, notamment le prix spécial du jury au Festival de Berlin

Notre invité: Cüneyt Ayral, journaliste et écrivain .

Interview du réalisateur par Anne Delabre, dans le cadre du festival Chéries Chéris ,juillet 2021

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JOHAN, MON ÉTÉ 75

Séance du 23 mars 2015

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Titre alternatif : Johan, carnet intime d’un homosexuel

Réalisation : Philippe Valllois

Scénario : Laurent Olivier, Philippe Vallois

Avec : Philippe Vallois, Marie-Christine Weill, Patrice Pascal , Laurent Laclos, Jean-Paul Doux, Jean-Lou Duc

Durée : 1h25mn (int – 16 ans)

Production : France

Déjà auteur d’un premier long-métrage, Les Phalènes, Philippe Vallois souhaite mettre en scène le beau jeune homme dont il est amoureux. Mais Johan est arrêté et emprisonné juste avant le tournage. Le cinéaste ne renonce pas pour autant à sa déclaration d’amour filmée et décide de reconstituer des fragments de leur histoire au travers d’une expérience cinématographique unique en son genre, entre docu-fiction et journal filmé. Œuvre sur le fantasme amoureux et sexuel, Johan est aussi un passionnant témoignage de la vie homosexuelle dans les années 70, marquée par une liberté sexuelle montrée sans fard à l’écran. Le film a été présenté au Festival de Cannes dans sa version intégrale mais a dû subir quelques coupes à sa sortie en 1976 pour ne pas être classé X…

Nos invités : Philippe Vallois et Ivan Mitifiot, directeur du festival ‘Ecrans Mixtes’, qui a travaillé sur l’autobiographie du réalisateur (La Passion selon Vallois, le cinéaste qui aimait les hommes, Ed. Erosonyx).

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THÉ ET SYMPATHIE

Séance du 16 février 2015.

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Titre original: Tea and Sympathy

Réalisation: Vincente Minnelli

Scénario: Robert Anderson

Avec: Deborah Kerr, John Kerr, Leif Erickson

Durée: 2h02 mn

Production : EU (1956)

Un adolescent, Tom Lee, est à l’écart et traité de « femmelette » en raison de son intérêt pour la littérature et les arts, qui ne sont pas au goût de ses camarades de campus. Il se rapproche de Laura Reynolds, la femme du professeur de sport, qui subit  le conformisme et le manque d’attention de ce dernier. Laura va aider Tom à assumer sa différence dans un milieu machiste où faire preuve de sensibilité éveille des soupçons d’homosexualité.
Thé et Sympathie est un mélodrame flamboyant qui porte sur la masculinité. A l’origine, le film est une pièce de théâtre à succès créée à Broadway en 1953, dans laquelle le protagoniste est accusé d’être homosexuel. Le Code de censure hollywoodien encore en vigueur à l’époque interdit la représentation de l’homosexualité sur les écrans. Le film remplace ce sujet par une interrogation sur les normes de la masculinité qui passe également par une attention portée à la condition des femmes.

Notre invitée : Sabrina Bouarour, doctorante en cinéma à l’université Paris III- La Sorbonne-Nouvelle. Sa thèse porte sur la masculinité dans les films de Vincente Minnelli et de Jacques Demy.

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EL MAR

Séance du 26 janvier 2015

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Réalisation : Agusti Villaronga

Scénario : Agusti Villaronga

Avec : Angela Molina, Bruno Bergonzini, Roge Casamajor

Durée : 1h50mn

Production : Espagne-France (1999)

El Mar est l’adaptation d’un roman catalan de l’écrivain Blai Bonet, publié en 1958, en plein franquisme. La dictature, avec son atmosphère étouffante et morbide, est présente en arrière-plan dans tout le film, qui raconte les relations ambiguës et perverses de deux adolescents unis par des liens troubles, Ramallo et Manuel, avec une jeune religieuse, Sor Francisca. Enfants, ces trois-là ont été mêlés à la mort de deux autres adolescents. Ils se retrouvent avec ce terrible secret, et bien d’autres, entre attirances et frustrations, sexualité mal assouvie et obsession pour la religion. La réalité, en cette période de répression des cœurs et des corps, semble parfois trop difficile à supporter, et seule la mer pourrait, peut-être, leur apporter la sérénité… Injustement méconnu, El Mar, qui mêle habilement sexe, religion et violence a reçu le Prix du meilleur film catalan, a été récompensé à Berlin, nommé aux Goyas (l’équivalent de nos Césars) et présenté dans divers festivals outre-Atlantique.

Notre invité : Emmanuel Le Vagueresse, professeur de littérature et de cinéma espagnols à l’Université de Reims Champagne-Ardenne.

El Mar, Agusti Villaronga, 1999 ©Massa d’Or Produccions, Gémini Films.

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Livre de Blai Bonet, dont est tiré le film, publié pour la première fois en catalan en 1958. Non traduit en français.


MURIEL FAIT LE DÉSESPOIR DE SES PARENTS

Séance du 22 décembre 2014

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Réalisation : Philippe Faucon

Scénario : Catherine Klein, Philippe Faucon

Avec : Catherine Klein, Dominique Perrier, Marie Rivière

Durée : 1h14

Production : France (1995)

Muriel, 17 ans, arrive à Paris pour ses études. Elle rencontre Nora, qui devient sa meilleure amie. Une relation qui dépasse la simple amitié pour Muriel. Elle se confie à sa mère, qui n’accepte pas ses confidences. Finalement, Muriel se lance et déclare son amour à Nora, qui est amoureuse de Fred…

Le réalisateur, Philippe Faucon, résume son film en déclarant : « Toute l’histoire est construite sur l’opposition entre ces deux personnages, dont l’un possède quelque chose d’assez rayonnant, d’assez séducteur, de lumineux et sensuel qui exerce une grande fascination sur l’autre, joué par Catherine (Klein) qui, de prime abord parait être quelqu’un qui a peu de mal à s’affirmer et qui va pourtant davantage au bout de ses désirs et de ses attirances. »

Notre invitée : Catherine Klein, actrice, scénariste et réalisatrice.

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UN DIMANCHE COMME LES AUTRES

Séance du 20 novembre 2014

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Titre original : Sunday bloody sunday

Réalisation : John Schlesinger

Scénario : Penelope Gilliatt, David Sherwin

Avec :Peter Finch, Glenda Jackson, Murray Head

 Durée : 1h50

Production : GB (1971)

Alex Greville et Daniel Hirsh appartiennent à la bourgeoisie londonienne. Elle est divorcée, lui est homosexuel. Mais ils ont un amour commun, Bob Elkin, un jeune artiste qui passe des bras de l’une aux bras de l’autre avec insouciance. Il n’appartient à personne et veut vivre sa liberté jusqu’au bout, qu’elles qu’en soient les conséquences.

Sixième film de John Schlesinger – après Macadam Cowboy (1969) et avant Marathon Man (1976)Un Dimanche comme les autres  montre pour la première fois deux hommes nus s’embrasser dans un lit. Mais il donne aussi une vision décomplexée de la bisexualité et dresse un tableau passionnant des mœurs de la société britannique des années 70. A sa sortie, le réalisateur John Schlesinger disait : « Je suis fatigué de voir des films où les homosexuels sont des hommes malheureux, hystériques et dont le public peut et doit penser qu’ils sont des monstres. Je crois qu’il était temps de montrer sans tricher un fait naturel de la vie

Notre invité : Philippe Pilard, auteur et réalisateur, spécialiste du cinéma britannique, auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet, dont Histoire du cinéma britannique (Nouveau Monde Editions)

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