THE WATERMELON WOMAN

Séance du 14 novembre 2016 

Réalisation : Cheryl Dunye

Scénario : Cheryl Dunye

Avec : Cheryl Dunye, Guinevere Turner, Valarie Walker

Durée : 1h30

Production : EU (1996)

En 1997, The Watermelon Woman est reçu comme le premier long métrage américain de fiction réalisé par une lesbienne afro-américaine. Le film raconte la relation amoureuse entre une femme blanche (Guenevere Turner) et une femme noire (Cheryl Dunye), qui elle-même fait un film sur la relation amoureuse entre une femme noire (« The Watermelon Woman ») et une femme blanche (inspirée de la réalisatrice lesbienne des années 30 Dorothy Azner). Cette comédie satirique, emblématique du New Queer Cinema, a marqué une génération où le militantisme féministe et lesbien se questionnait sur son multiculturalisme. Il s’est retrouvé au centre des « culture wars », qui opposèrent les conservateurs et les progressistes aux Etats-Unis dans les années 90 : Pat Buchanan, candidat présidentiel et représentant de la « moral majority », s’est en effet insurgé que The Watermelon Woman ait reçu des deniers publics du National Endowment for the Arts*…

*NEA : agence culturelle fédérale chargée d’aider les artistes et les institutions culturelles aux Etats-Unis

Notre invitée : Anne Crémieux, professeure en médias et civilisation américaine à l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis où elle enseigne le cinéma et les séries télévisées américaines, spécialiste de la représentation des minorités dans le cinéma.

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UN GOUT DE MIEL

Séance du 17 octobre 2016 

Titre original : A Taste of honey

Réalisation : Tony Richardson

Scénario : Tony Richardson, Shelagh Delaney (d’après sa pièce)

Avec : Rita Tushingham, Murray Melvin, Dora Bryan

Durée : 1h40

Production : GB (1961)

Dans les quartiers populaires de Manchester, une adolescente, Jo, se confronte aux grands tabous de son époque. Avortement, homosexualité, alcoolisme, racisme et féminisme sont les moteurs d’Un Goût de miel, film courageux signé Tony Richardson, célèbre porte-drapeau du ‘Free Cinema’. Adaptée d’une pièce à succès de la scène londonienne écrite par Shelagh Delaney, cette œuvre permet à l’inoubliable Rita Tushingham de trouver le premier rôle de sa carrière. Une performance si remarquée qu’à vingt ans à peine, elle se voit décerner le Prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes en 1962. Le Prix d’interprétation masculine est attribué à Murray Melvin pour le rôle du jeune homosexuel Geoffrey.

Notre invité : Gauthier Jurgensen, journaliste, spécialiste du cinéma social britannique.

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L’ÉTERNEL RETOUR

Séance du 17 septembre 2016

Réalisation : Jean Delannoy

Scénario : Jean Cocteau

Avec : Jean Marais, Madeleine Sologne, Jean Murat

Durée : 1h47

Production : France (1943)

En écrivant cette adaptation modernisée de la légende de Tristan et Iseult, Jean Cocteau souhaite offrir un grand rôle à Jean Marais dont il partage alors la vie. L’opération est une réussite : L’Eternel Retour, réalisé par Jean Delannoy en 1943, est un des plus gros succès de l’Occupation. Jean Marais et Madeleine Sologne y forment un couple mythique sacrifié sur l’autel du patriarche Jean Murat et deviennent les idoles de la jeunesse. L’une des clés de compréhension de ce succès réside dans leur incarnation des identités de genre, dans le film comme « à la ville » puisque personnages et acteurs se confondent désormais. La façon dont ces deux vedettes questionnent les normes du féminin et masculin résonne en effet de façon saisissante avec la reconfiguration des hiérarchies sociales (entre hommes et femmes, entre ‘adultes’ et ‘jeunes’…) qui traverse la France de l’Occupation.

Notre invitée : Delphine Chedaleux, historienne du cinéma, chercheuse à l’université de Lausanne. Elle a publié Jeunes Premiers et jeunes premières sur les écrans de l’Occupation (France 1940-1944) (Presses Universitaires de Bordeaux)

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LE CAVALIER NOIR

Séance du 20 juin 2016

Titre original : The Singer not the song

Réalisation : Roy Ward Baker

Scénario : Nigel Balchin, d’après le roman d’Audrey Erskine Lindop The Singer Not The Song (Appleton Century Crofts, 1953)

Avec : Dirk Bogarde, John Mills, Mylène Demongeot

Durée : 2h01

Production : GB (1961)

Un prêtre catholique, le père Michael Keogh, va au Mexique pour reprendre en main une paroisse isolée qui vit sous la terreur d’un bandit farouchement athée, Anacleto. Affrontant sans crainte ce dernier, le religieux interpelle le criminel qui lui porte un intérêt tout particulier….

« La dernière réplique du film, retenue comme titre de la version originale, exprime de manière explicite le thème majeur de l’homosexualité qui parcourt tout le scénario. Or ce thème a bizarrement disparu de la version française. Le Cavalier noir est souvent cité comme l’exemple type du détournement de sens que peut subir un film à partir d’une traduction intentionnellement faussée. En effet, dans la version française, la stratégie amoureuse du bandit vêtu de cuir se métamorphose en mélodrame religieux particulièrement édifiant. Au moment de la sortie de la version française, la presse catholique publia des articles élogieux, jusqu’à l’apparition de la version originale sous-titrée convenablement, au Studio Parnasse. La découverte de la supercherie amusa beaucoup le milieu des critiques cinématographiques. Le Cavalier noir devenait une sorte de film mythique ». (www.western-wild-west-movies.com)

Notre invité : Olivier Rossignot, rédacteur en chef cinéma du site Culturopoing

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MY BEAUTIFUL LAUNDRETTE

Séance du 23 juin 2016

En partenariat avec la mairie du 10e arrondissement de Paris, dans le cadre de la Journée mondiale des réfugiés et de la Marche des Fiertés LGBT

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Réalisation : Stephen Frears

Scénario : Hanif Kureishi

Avec : Gordon Warnecke, Roshan, Daniel Day-Lewis

Durée : 1h35

Production : GB (1985)

Riche immigré pakistanais installé dans la banlieue londonienne, Nasser confie à son neveu Omar le soin de gérer une vieille laverie automatique. Omar demande à Johnny, un petit voyou qu’il a connu à l’école, de l’aider à la remettre à neuf. Leur amitié se mue vite en passion cachée…

Tourné en 16 mm pour la télévision, le film fut gonflé en 35 mm après son succès au festival d’Edimbourg. Il lança la carrière du réalisateur Stephen Frears, de l’auteur dramatique anglo-pakistanais Hanif Kureishi et de l’acteur Daniel Day-Lewis. My Beautiful Laundrette aborde la question du racisme et de l’homosexualité avec humour, sur fond de satire sociale et de lutte des classes sous l’ère Thatcher.

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PERSONAL BEST

Séance du 23 mai 2016.

Séance en partenariat avec ‘Paris 2018′ 10e édition des Gay Games, représentée par Emy Ritt (directrice des relations internationales de ‘Paris 2018’ et ex-présidente de la Fédération internationale des ‘Gay Games’)

Réalisation : Robert Towne

Scénario : Robert Towne

Avec : Mariel Hemingway, Scott Glenn, Patrice Donnelly.

Durée : 2h04

Production :EU (1982)

Jeune athlète, Chris rêve de participer aux jeux olympiques. Elle rencontre Tory lors d’une compétition et tombe rapidement dans ses bras. Et quitte son entraîneur de père pour Tingloff, responsable des succès de Tory en pentathlon. En trois ans de vie commune, d’entraînements et de compétitions, d’affrontements sur la piste et en privé…

Sorti en 1982, Personal Best est l’un des premiers films américains à ‘banaliser’ l’homosexualité féminine et à montrer une relation entre femmes dans toute sa complexité. Il fit connaître la jeune Mariel Hemingway qui devint grâce à ce long métrage une icône lesbienne.

Notre invitée : Anne Crémieux, professeure en médias et civilisation américaine à l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, elle est l’autrice de plusieurs ouvrages sur le cinéma et sur les minorités.

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UN VIRUS SANS MORALE

Séance du 21 mars 2016

Titre original : Ein Virus kennt keine Moral

Réalisation : Rosa von Praunheim

Scénario : Rosa von Praunheim

Avec : Rosa von Praunheim, Christian Kersten, Dieter Dicken, Maria Hasenäcker

Durée : 1h24

Production : RFA (1985)

D’un propriétaire d’un sauna gay à son amant, étudiant en musique sacrée en passant par une journaliste sans scrupule et une doctoresse dépourvue de déontologie médicale, Un Virus sans morale retrace la vie de plusieurs individus confrontés à une nouvelle maladie, le sida.

Un des tous premiers films occidentaux à traiter frontalement du sujet du sida (après Buddies d’Arthur J. Bressan et Un Printemps de glace de John Erman, avant Once More de Paul Vecchiali), Un Virus sans morale est un film OVNI à la forme brouillon. Réalisé avec un petit budget, le film est traversé par différents genres : de la science-fiction à la comédie en passant par la comédie musicale. Pamphlet satirique à l’encontre des sociétés occidentales (le bloc de l’Ouest existe encore) dont l’apparition du sida a révélé le retour de peurs ancestrales. Le scénario contemporain de Rosa von Praunheim se révélera tristement prémonitoire.

« Les subtilités du film de von Praunheim, Un Virus sans morale, une comédie sur le sida, ne seront comprises que d’un public au fait de l’entourloupe politique que constitua la recherche sur le sida aux États-Unis et en Europe. En pleine crise du sida, le film aborde des questions que le cinéma grand public évoquera peut-être dans vingt ans, s’il s’y intéresse un jour. »Vito Russo, The Celluloid Closet. Homosexuality in the movies (Harper Collins Publishers)

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Notre invité : Christophe Martet, journaliste, cofondateur et directeur de la publication du site d’informations en ligne Yagg. Membre actif d’Act Up Paris de 1990 à 2004 (président de 1994 à 1996), il est l’auteur des Combattants du sida (Flammarion, 1993).

Un Virus sans morale, Rosa Von Praunheim, 1985 © Rosa Von Praunheim Filmproduktion


TORCH SONG TRILOGY

Séance du 22 février 2016

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Réalisation : Paul Bogart

Scénario : Harvey Fierstein (d’après sa propre pièce)

Avec : Anne Bancroft, Matthew Broderick, Harvey Fierstein

Durée : 2h

Production : EU (1988)

Juif et homosexuel, Arnold Beckoff travaille comme travesti professionnel dans un cabaret à New-York. Entre drame et comédie, Torch Song Trilogy retrace l’existence de ce personnage haut en couleurs, qui ne sombre pourtant jamais dans la caricature. Adaptation d’une pièce de théâtre éponyme écrite, mise en scène et interprétée par Harvey Fierstein à partir de trois pièces semi-autobiographiques jouées à Broadway à la fin  des années 70, le film n’a pas vieilli. « Et aujourd’hui encore, on est frappé par son activisme audacieux et la modernité des situations ou des thèmes évoqués (comme l’homoparentalité, le rapport entre la religion et la sexualité) qui nourriront, par exemple, près de quinze ans plus tard, la série Queer as Folk. Film homo mais pas que. Comme Queer as Folk ou dans un sens Brokeback Mountain, Torch Song Trilogy n’est pas un film sur l’homosexualité « ce douloureux problème » mais une histoire avec des personnages homosexuels confrontés comme les hétéros (mais avec les obstacles en plus liés à la différence) aux désordres amoureux et aux drames » (Nicolas Maille – Critikat – 12/05/2009)

Notre invité : Christian Bordeleau, metteur en scène. Il a adapté Torch song trilogy au Vingtième Théâtre (Paris) en 2005.

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LA TRICHE

Séance du 18 janvier 2016

Un film de : Yannick Bellon

Scénario : Yannick Bellon, Alain Marcel

Avec :Victor Lanoux, Xavier Deluc, Annie Duperey

Durée : 100min

Production :France (1984)

Le commissaire Verta navigue entre sa femme et des amants de passage, jusqu’au jour où il tombe amoureux de Bernard, un jeune musicien rencontré lors d’une enquête sur le meurtre d’un homosexuel. Ce pan de se vie risque de se voir révélé suite à un chantage auquel est mêlé Bernard et qui tourne mal  donnant lieu à investigation… Yannick Bellon a choisi de traiter ce thème par « envie de faire un film sur la différence amoureuse et (elle a) pensé que la bisexualité exprimait le mieux la liberté de l’amour. Elle dérange car la vie oblige à se définir et les bis ne peuvent être catalogués nulle part. »

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HAPPY TOGETHER

Lundi 14 décembre 2015

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Titre original : 春光乍洩, Cheun Gwong Tsa Sit

Réalisation : Wong Kar-Wai

Scénario :Wong Kar-Wai

Avec : Tony Leung, Leslie Cheung, Chang Chen

Durée : 1h36 min

Production : Hong-Kong (1997)

Je t’aime, moi (non) plus. Deux amants, Lai et Ho quittent Hong Kong pour tenter de raviver leurs amours en Argentine. Film guérilla improvisé au jour le jour (et pourtant parfaitement maîtrisé), il est né de deux pulsions extrêmes : d’un côté, le réalisateur Wong Kar-Wai, qui a voulu fuir le plus loin possible la rétrocession de l’ancienne colonie britannique de Hong Kong aux autorités chinoises ; de l’autre, la superstar Leslie Cheung osant publiquement officialiser sa relation de vingt ans avec un homme au risque de tout perdre dans une société curieusement rétrograde. Ce duo d’artistes va donner naissance à une histoire d’amour d’autant plus belle, que « le sexe des personnages n’a aucune incidence sur la manière de raconter une histoire ou sur la matière cinématographique » (Wong Kar-Wai in Les Inrockuptibles, 10/12/1997).

Notre invité : Bastian Meiresonne, réalisateur et critique de cinéma

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