LAN YU – Histoires d’hommes à Pékin

Lundi 27 septembre 2021 à 20h30 au cinéma Le Brady.

Réalisation:  Stanley Kwan

Scénario: Jimmy Ngai

Avec: Liu Ye, Hu Jun, Su Jin

Durée : 86 mn

Production: Hong-Kong (2001).

Tourné à Pékin sans autorisation officielle, avec pour toile de fond les événements de Tian’anmen en 1989, Lan Yu s’inspire d’un roman publié sur internet par un auteur anonyme. Cette histoire d’amour entre un étudiant en architecture et un homme d’affaires se montre subversive tant par son histoire que par le contexte historique. Quatre ans avant ce film, Stanley Kwan – un des grands réalisateurs de la Troisième Vague du cinéma de Hong Kong – avait réalisé un documentaire, Yang+Yin : Genders in Chinese cinema, une histoire personnelle du cinéma chinois vue sous l’angle de la ‘confusion des genres et des sexes’, qui marquait un tournant dans sa carrière : il y affirmait, entre autres, son homosexualité.

L’adaptation cinématographique, qui diffère beaucoup du roman, a remporté plusieurs prix à Taiwan et Hongkong. Il a par ailleurs été projeté au premier festival du film LGBTQ en Chine en 2001.

Notre invitée : Brigitte Duzan, traductrice du chinois et chercheuse indépendante en littérature et cinéma chinois. Fondatrice et animatrice de deux sites web de référence :  chinesemovies.com.fr sur le cinéma chinois et chinese-shortstories.com/ sur la littérature chinoise.

Article de notre invitée sur le film ici

Brigitte Duzan

Traductrice, chercheuse indépendante en littérature et cinéma chinois.

Chercheuse indépendante en littérature et cinéma chinois et traductrice du chinois, Brigitte Duzan a créé et anime deux sites web de référence sur la littérature chinoise moderne et contemporaine et sur le cinéma chinois :  http://www.chinese-shortstories.com/ et  http://www.chinesemovies.com.fr/

Ses principaux axes de recherches portent sur les nouvelles chinoises contemporaines et leurs auteurs, les adaptations cinématographiques d’œuvres littéraires chinoises, la littérature et le cinéma de wuxia et tout spécialement la littérature féminine chinoise.

Depuis 2012 elle anime un cours littérature et cinéma à l’Institut Confucius de l’université Paris Diderot, dans le cadre du cycle « De l’écrit à l’écran » et de recherches réalisées avec le CDCC (Centre de documentation sur le cinéma chinois de Paris).

Elle anime le ciné-club Chine de l’INALCO depuis 2013.

Elle est à l’origine de la création d’un Club de lecture de littérature chinoise contemporaine au Centre culturel de Chine à Paris et intervient également sur la littérature chinoise contemporaine en groupes de lecture (groupe parisien Voix au chapitre et affiliés).

Parmi ses traductions littéraires du chinois, on peut citer:

Neige, recueil de nouvelles de Pema Tseden écrites en tibétain et en chinois, cotraduction avec la tibétologue Françoise Robin, Philippe Picquier 2012, réédition poche 2016.

Continue à creuser, au bout c’est l’Amérique《挖下去就是美国》, recueil de nouvelles de Cao Kou (曹寇), Gallimard Bleu de Chine 2015.

A l’article de la mort 《弥留之际》 nouvelle de Sheng Keyi (盛可以), dans l’anthologie Les rubans du cerf-volant, Gallimard/Bleu de Chine, 2014.

Un Paradis《福地》novella de Sheng Keyi (盛可以), Philippe Picquier 2018, rééd. poche 2021.

Le Goût sucré des pastèques volées, recueil de souvenirs d’enfance de Sheng Keyi illustré de lavis de l’auteure, éditions Picquier, mai 2021.

Sur le balcon 《阳台上》, novella de Ren Xiaowen (任晓雯), L’Asiathèque, mai 2021.

A paraître en 2022

Le Serpent blanc, novella de Yan Geling, L’Asiathèque.

– Un deuxième recueil de nouvelles de Pema Tseden, éditions Picquier.

Roman

Funérailles molles《软埋》de Fang Fang (方方), L’Asiathèque, février 2019

Dans les revues littéraires

– Dans la revue Books :

« Escarmouche sur une table d’opération de chirurgie esthétique »《雨伞在整形手术台上打开》de Bao Jingjing (鲍鲸鲸) (n° 41, mars 2013) ;

« Le Dit du pêcheur » 《捕鱼者说》 de Sheng Keyi (盛可以), n° 48 de décembre 2013 ;

– Dans la revue Jentayu :

« L’assassin » 《杀手》de Tsering Norbu 次仁罗布 (n°2, été 2015)

« Le génie des eaux » 《水鬼》 de Su Tong 苏童 (n° 3, hiver 2015-2016)

« La route qui mène à la source du désert » 《通往滴水泉的路》de Li Juan 李娟 (n° 4, été 2016)

« La mère pocharde » 《酒婆》 de Feng Jicai (冯骥才) et « Peng Fei et Wang Aishu » 《彭飞和王爱书》 de Cao Kou (曹寇)  (n° 5, hiver 2016-2017)

« Tan Huiying » 《谭惠英》de Ren Xiaowen (任晓雯) (n° 6, été 2017)

 « Chenilles » 《毛毛虫》de Xu Yigua (须一瓜) (n° 8, été 2018)

« Les enfants du docteur Béthune » 《白求恩的孩子們》 (extraits) de Xue Yiwei 薛忔沩 (n° 9, hiver 2018-2019)

« IT84 » (extraits), Zhang Xinxin (n° 10, été 2019)

LOLA + BILIDIKID

Dans le cadre de notre partenariat avec le Festival Chéries-Chéris.

Lundi 5 juillet 2021 au cinéma MK2 Beaubourg

Allemagne. 1999. 91’. Fiction. VOSTF.
Réalisation, scénario : Kutluğ Ataman.
Avec : GandiMukli, Baki Davrak, Erdal Yildiz, Inge Keller.

SYNOPSIS

Murat, 17 ans vit à Berlin. Pas facile de se découvrir gay dans une famille d’origine turque qui considère l’homosexualité comme la pire des abominations. Il vit avec sa mère et Osman, son frère aîné, devenu chef de famille après la mort de son père. Mais Murat apprend un jour qu’Osman a chassé un troisième frère, gay lui-aussi. L’adolescent décide alors de partir à la recherche de celui qui se fait appeler Lola, vedette d’un spectacle travesti, et se plonge dans l’underground berlinois. Un univers hors norme où il se sent bien et qui lui permet de partir en quête de son identité sexuelle et culturelle.Véritable antidote aux préjugés raciaux et sexuels, le film de Kutluğ Atamana a remporté de nombreuses récompenses, notamment le prix spécial du jury au Festival de Berlin en 1999. À travers l’itinéraire du jeune Murat découvrant peu à peu son homosexualité, cette oeuvre rafraichissante explore la communauté turque de Berlin et ses maux : prostitution, violence urbaine et familiale… Outre l’irrésistible Murat, on s’attache aux divers personnages : Lola le travelo, Bili (son copain très macho, en référence à Billy the Kid) et Osman, le frère aîné de Lola et Murat.

La projection fut présentée puis suivie d’un débat avec Anne Delabre, journaliste, autrice et programmatrice du ciné-club Le 7e genre.

Interview du réalisateur par Anne Delabre

Pour aller plus loin.


BEAUTIFUL THING (version restaurée)

Séance présentée par Anne Delabre

Réalisé par HETTIE MACDONALD ( 1996)

Avec LINDA HENRY, GLEN BERRY, SCOTT NEAL, Ben Daniels, John Savage

Durée : 1h31. – Genre : Comédie, Romance

Un été long et chaud dans le sud de Londres. Jamie est rejeté par ses camarades de classe, Ste se fait battre par son père, et Leah s’évade dans l’univers musical des Mamas and Papas. Sandra, la mère de Jamie, généreuse et enjouée, se démène, aussi bien sur le plan professionnel qu’affectif, tout en essayant d’être au plus près de son fils. Pour échapper à la violence des siens, Ste trouve de plus en plus souvent refuge chez Sandra où il partage la chambre de Jamie. De cette promiscuité naît une amitié, puis une ambiguïté. Une aventure nouvelle débute alors pour Jamie et Ste…


‘THE WATERMELON WOMAN’

Dans le cadre de notre partenariat avec le Festival Chéries-Chéries

Dimanche 4 juillet et mardi 6 juillet 2021 au cinéma MK2 Beaubourg

États-Unis. 1996. 90′. Fiction. VOSTF.
Réalisation et scénario : Cheryl Dunye.
Avec : Cheryl Dunye, Guenevere Turner, Valarie Walker, Sarah Schulman.

SYNOPSIS

Cheryl décide d’être réalisatrice et tient à ce que son premier film porte sur les femmes noires car leurs histoires ne sont jamais racontées. Elle commence à enquêter sur une actrice des années 30 jouant des rôles stéréotypés qui n’est jamais créditée au générique que comme The Watermelon Woman. Simultanément, elle travaille dans un vidéoclub avec son amie Tamara, elle aussi lesbienne. Lorsqu’une jeune femme blanche, Diana, prend un abonnement au magasin, une relation amoureuse commence.Œuvre emblématique du New Queer Cinema, The Watermelon Woman émerge comme l’œuvre qui cristallise l’effervescence d’une communauté de cinéastes noires et lesbiennes de la côte est. Mais c’est aussi l’apogée du « style Cheryl Dunye » qui se reconnaît à ses thèmes récurrents : questionnement du désir entre noires et blanches dans les couples lesbiens, tensions identitaires au sein de groupes noirs, et une forme bien spécifique de mise en scène d’elle-même. Sa façon de s’adresser à la caméra et de rejouer la réalisation du film produit un aller-retour enivrant entre fiction et documentaire. Ce va et vient prend une ampleur particulière lors de cette campagne contre l’invisibilité des lesbiennes noires dans l’histoire des images.

La séance du 4 juillet fut présentée et suivie d’un débat avec Anne Crémieux et Anne Delabre.

Pour aller plus loin


Marguerite Chabrol

Universitaire

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Marguerite Chabrol est professeure en études cinématographiques à l’université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis. Ses recherches portent sur le cinéma classique hollywoodien et les relations du cinéma avec les autres
arts, principalement le théâtre et la musique dans leurs contextes culturels et médiatiques. Elle a publié De Broadway à Hollywood. Stratégies d’importation du théâtre new-yorkais dans le cinéma
classique américain
(CNRS Éditions, 2016) et Katharine Hepburn : Paradoxes de la comédienne (PUR, 2019). Elle a codirigé avec Laurent Guido une édition critique de Jane Feuer, Mythologies du film musical (Les presses du réel, 2016), et avec Pierre-Olivier Toulza Stars et solistes du musicalhollywoodien (Les presses du réel, 2017).
Elle s’intéresse plus particulièrement aux stars féminines hollywoodiennes classiques en éclairant leur carrière cinématographique à partir de leurs expériences musicales et théâtrales, domaines où les enjeux de genre présentent parfois des différences sensibles par rapport au cinéma. Elle travaille sur ce sujet à une série d’articles pour la revue théâtre, intitulés « Divas », et qui a commencé par des études sur Bette Davis et Mae West .

Elle était notre invitée lors de la séance consacrée à La Rumeur ( février 2014) et à Sylvia Scarlett ( novembre 2015)

Jacques Maillot

Réalisateur et scénariste

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Après des études à l’Institut d’études politiques de Lyon, il réalise son premier court-métrage en 1991 Des fleurs coupées , puis 75 centilitres de prière (1994) qui obtient le prix Jean Vigo la même année. En 1995, il réalise  Corps inflammables  et Entre Ciel et Terre.

Avec  Nos Vies heureuses en 1999, il passe au long métrage. Le film est sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes. Puis, en 2003, son film Froid comme l’été, produit et diffusé par Arte, est récompensé par le Prix Italia.

En 2008, il adapte à l’écran le roman autobiographique de Bruno et Michel Papet, Les Liens du sang, avec François Cluzet et Guillaume Canet dans les rôles principaux.

Au Festival de Cannes 2011, Il est membre du jury de la Caméra d’or en tant que représentant de la Société des Réalisateurs de Films. La même année il réalise La Mer à Boire avec Daniel Auteuil.

Il était notre invité lors de la séance consacrée à Corps Inflammables (octobre 2017)

Jacques Martial

Acteur, metteur en scène de théâtre.

Bien connu du petit écran pour son rôle de ‘Bain-Marie’ dans la série policière Navarro, il mène une grand partie de sa carrière au théâtre, à la fois dans l’enseignement, la mise en scène et le jeu.

Il commence sa formation à l’atelier de Sarah Sanders, avant de devenir son assistant. Leur collaboration durera plusieurs années au cours desquelles il enseigne les auteurs du répertoire, de Racine à Shakespeare, et les contemporains, de Césaire à Pinter, Jean-Louis Bourdon ou Koltès. Dans le même temps, il met en place et anime à Cayenne une série de stages de formation et de développement d’acteurs.

Il crée l’association Rond Point des Cultures qui présentera, en partenariat avec le Théâtre du Rond Point et dans divers théâtres de Paris, des manifestations mettant en valeur les cultures ultramarines et, plus généralement, la créativité des artistes issus des minorités visibles.

Par ailleurs acteur de doublage, il prête régulièrement sa voix à des acteurs tels que Wesley Snipes, Denzel Washington etc.

Au cinéma, il a travaillé avec des réalisateurs aussi différents que John Berry pour Il y a maldonne ( 1988) Claire Devers pour Noir et Blanc (1986) Samuel Fuller avec Sans espoir de retour ( 1989), Paul Vechialli De sueur et de sang ( 1993), François Ozon La Petite Mort ( 1994) Robert Kramer pour Walk the Walk (1995) ou encore Pascal Légitimus pour Antilles sur Seine (2000)

Après avoir dirigé l’Établissement public du parc et de la grande halle de la Villette de 2006 à 2015, il préside le Mémorial ACTe (Centre Caribéen d’expressions et de Mémoire de la Traite et de l’Esclavage), situé à Point-à-Pitre, depuis juin 2015.

Il était notre invité lors de la séance consacrée à Noir et Blanc (février 2019), avec Claire Devers, et Francis Frappat.

Anne Delabre

Journaliste en presse écrite pendant quinze ans, nostalgique des ciné-clubs de ses années étudiantes, Anne décide de franchir le pas en 2013, à la faveur de la rencontre avec le directeur du cinéma parisien Le Brady, Fabien Houi. Ce dernier, qui avait récemment racheté la salle à Jean-Pierre Mocky, lui donne ‘carte blanche’ une fois par mois, pour une soirée de projection-débat. Cinéphile depuis toujours, éclectique dans ses goûts, elle décide de proposer une programmation diversifiée, avec des oeuvres rares et surtout un espace d’échanges après la projection, avec le public et des invité-e-s. Son expérience de programmatrice des séances ‘patrimoine’ au Festival de films LGBT de Paris ‘Chéries-Chéris’ et l’ouvrage qu’elle a écrit avec Didier Roth-BettoniLe Cinéma français et l’homosexualité’ (Danger Public – 2009) lui donnent l’idée de spécialiser le ciné-club dans les films qui questionnent les genres et les sexualités minoritaires à l’écran. Après presque deux ans à s’occuper seule du ciné-club ‘Le 7e genre’, elle créé une association avec quelques ami-e-s en janvier 2015. Avec un rythme de huit à dix séances par saison (au Brady pour le ciné-club régulier mais aussi dans d’autres lieux à Paris et ailleurs pour des séances ‘hors les murs’), Le 7e genre s’efforce d’allier plaisir et réflexion, et de donner envie de découvrir les richesses du patrimoine cinématographique mondial sur grand écran.