Documentaire de Rob Epstein et Jeffrey Friedman (USA, 1995, 1h44, vostf) avec Tom Hanks, Susan Sarandon, Whoopi Goldberg, Tony Curtis, Shirley Mac Laine
D’anecdotes croustillantes en révélations inédites, un passionnant documentaire qui décrit comment Hollywood montrait et ne montrait pas l’homosexualité dans ses films, prouvant ainsi que la censure, aussi puissante soit-elle, ne peut rien contre l’imagination et le talent.
Séance animée par Grégory Marouzé, rédacteur cinéma et Anne Delabre du Ciné-club Le 7e genre.
Un film de Kimberly Peirce Avec Hilary Swank, Chloe Sevigny, Alison Folland Scénario: Kimberly Peirce, Andy Bienen Durée: 118 mn Production: EU (1999)
Brandon Teena, jeune transgenre, quitte sa ville natale du Nebraska sous la menace, quand le frère de son ex-petite amie découvre qu’il est trans. Réinstallé dans la petite ville de Falls City, Brandon tombe amoureux de Lana et ils commencent à envisager un avenir commun. Mais quand ses amis, John et Tom, apprennent le secret de Brandon, c’est le drame. Centré sur un fait divers tragique survenu en 1993, ce premier long-métrage de Kimberly Peirce se révèle une chronique impitoyable de l’Amérique profonde. « Revenir sur ce film, inscrit dans l’histoire des représentations cinématographiques des personnes trans comme une oeuvre pionnière, est à la fois l’occasion de mesurer le chemin parcouru depuis et celui qu’il reste à parcourir. » (Bérénice Hamidi)
Notre invitée : Bérénice Hamidi, professeure en esthétiques et politiques des arts vivants à l’université Lyon 2 et membre honoraire de l’Institut Universitaire de France. Ses recherches croisent sociologie, esthétique et études culturelles dans une perspective intersectionnelle. Elle s’intéresse aux enjeux politiques des représentations culturelles (théâtre, cinéma, séries, romans).
Dimanche 10 décembre 2023 de 14h à 16h au tiers lieu Césure.
Atelier d’archives orales sur le VIH-sida et le dialogue intergénérationnel, organisé par le Collectif des archives LGBTQI+, en présence de David Weissman et à partir de son travail documentaire Conversations with Gay Elders (2016), visible gratuitement sur son site.
Documentaire de 102 min. de Bill Weber et David Weissman.
Flamboyantes, les Cockettes, troupe de théâtre et communauté d’artistes bohèmes, mettent le feu aux nuits du San Francisco des années 1970. Autour de leur charismatique leader Hibiscus, mêlant philosophie hippie, exubérance Drag Queen et trip burlesque sous acide, les spectacles des Cockettes transgressent follement tous les tabous.
Projection suivie d’une rencontre avec le réalisateur David Weissman animée par Anne Delabre. La soirée se prolongera avec un DJ-set Camp et Queer 70’s.
Le Tango Paris, 11, rue au Maire, 75003 Paris.
Lundi 4 décembre 2023 à 20H30 au cinéma Le Brady.
We were Here (2010)
We Were Here documente l’arrivée de ce qu’on appelait la « peste gay » au début des années 1980. Il met en lumière les profonds problèmes personnels et communautaires soulevés par l’épidémie de sida ainsi que les vastes bouleversements politiques et sociaux qu’elle a déclenchés. Au début de l’épidémie, la réponse compatissante, multiforme et créative de San Francisco au SIDA est devenue connue sous le nom de « modèle de San Francisco ». L’infrastructure militante et progressiste de la ville, née dans les années 1960, combinée à la communauté gay hautement politisée de San Francisco, centrée autour du quartier de Castro Street, a contribué à surmonter les obstacles d’une nation à la fois homophobe et dépourvue de soins de santé universels. We Were Here utilise l’expérience de San Francisco avec le SIDA pour ouvrir une conversation attendue depuis longtemps sur l’histoire de l’épidémie et les leçons à en tirer.
Jeudi 17 novembre 2022 à 20h30 au cinéma Le Brady.
Séance spéciale en partenariat avec l’Université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis (Unité de Recherche TransCrit (Paris 8) et l’Université Paul Valéry de Montpellier (Unité de Recherche EMMA dans le cadre de la journée d’études « Queering Blackness
De Dee Rees
Avec Kim Wayans, Aasha Davis, Adepero Oduye.
Scénario: Dee Rees
Durée: 86 min.
Production : USA ( 2011)
Pariah, passé relativement inaperçu en 2011, inédit en salle en France, est le premier long métrage de Dee Rees, depuis remarquée pour Mudbound (2015) et Bessie (2017). Développé à l’école de cinéma de New-York University (NYU) sous forme de moyen-métrage, puis dans les prestigieux ateliers du festival Sundance en long-métrage, le script retrace le passage à l’âge adulte d’Alike, forcée par la pression familiale à mettre des mots sur ses identités sexuelles et de genre, tiraillée entre le sentiment de danger immédiat et le désir d’une liberté à saisir. Formée par Spike Lee, Dee Rees s’inscrit dans cette forme de cinéma vérité esthétisant dont le militantisme, intime et fragile, n’en est pas moins puissant.
Notre invité : Alfred L. Martin, professeur de sociologie à l’Université de l’Iowa, spécialiste des représentations LGBTQ africaines américaines.
Un film de Donna Deitch Avec Helen Shaver, Patricia Charbonneau, Audra Lindley Scénario Nathalie Cooper, Jane Vance Rule (roman) Durée: 96 mn Production: EU (1985)
1959 : Vivian Bell, professeur de littérature à New York arrive à Reno (Nevada) dans le but de divorcer. Elle est hébergée dans un ranch par Frances Parker. Introvertie, peu assurée, Vivian a prévu de se plonger dans le travail pour oublier. Mais elle fait la connaissance de Cay, la belle-fille de Frances. Ouvertement lesbienne, cette sculptrice de 25 ans tombe bientôt amoureuse de l’universitaire de dix ans son aînée… Sorti en 1985, Desert Hearts n’a de mélancolique que son titre, c’est ce qui fera son succès. L’énergie libérée de Cay ne peut que séduire Vivian, et le public avec elle. Mais le qu’en-dira-t-on et les bonnes manières auront- elles raison de cet amour insolite ? Sans drame, les deux femmes vont vivre leur relation telle que l’époque le permettait, ouvrant un possible que tant de fictions avaient nié jusqu’alors.
Le 7e genre, en partenariat avec la Fondation des Etats-Unis (FEU) de la Cité Internationale Universitaire de paris (CIUP), propose une séance gratuite de ciné-concert autour du film Salomé (1922), réalisé par Charles Bryant, mais orchestré par son actrice principale, la grande Nazimova, star de Broadway devenue productrice à Hollywood.
Dans l’industrie naissante du cinéma, le sort de Nazimova ne sera pas sans parallèle avec celui de Salomé, héroïne de la pièce sulfureuse d’Oscar Wilde écrite en français en 1892 et jouée pour la première fois à Paris en 1896 alors que Wilde est en prison. Le récit biblique de la belle-fille d’Hérode qui lui demande de danser pour lui, lui promettant en récompense la tête du prophète Jean-Baptiste, est ré-imaginé dans un décor Art Déco avant-gardiste où les désirs se croisent pour justifier quelques tragiques destins. Grâce à une distribution réputée entièrement gay et bisexuelle, à l’instar de sa vedette qui l’aurait exigée en hommage à Oscar Wilde, Nazimova est fidèle à l’esprit de l’auteur, ‘queer’ avant la lettre.
Le film est accompagné par les résidents musiciens de la FEU dans son grand salon Art Déco, inauguré quelques années seulement après la sortie du film.
Production : EU (1968) – sous titrage français Anne Crémieux.
Sister George est le personnage jovial qu’incarne June Buckridge dans une série populaire anglaise. Mais son caractère irascible et sa réputation sulfureuse menacent sa carrière, alors que de nouveaux venus lui volent la vedette. Elle vit avec une femme charmante mais maladivement enfantine que convoite la productrice sans merci qui manigance la chute de Sister George. Quand elle apprend que son personnage va être éliminé du scénario, son dégoût pour l’humanité est exacerbé. Ce film, décrié à l’époque pour le portrait infamant qu’il fait de l’homosexualité féminine, est aujourd’hui célébré pour ses répliques acerbes et l’humour grinçant de son héroïne pour qui l’hétérosexualité constitue un spectacle affligeant.
Notre invité : Richard Dyer, professeur émérite de cinéma à ‘King’s College London’, auteur de nombreux ouvrages sur la représentation de l’homosexualité au cinéma.
Séance en partenariat avec le festival de films LGBT de Paris ‘Chéries-Chéris’, dans le cadre de l’exposition ‘Champs d’amours – 100 ans de cinéma Arc-en-ciel’ à l’Hôtel de Ville de Paris
CRUISING (La Chasse) de William Friedkin (1980), avec Al Pacino, Karen Allen, Paul Sorvino
A New York une série de meurtres violents vise des homosexuels adeptes de pratiques sado-masochistes. Steve Burns (Al Pacino), un jeune policier, est chargé de l’enquête et doit, pour ce faire, infiltrer le milieu gay de Greenwich Village… Appels à empêcher le tournage, courriers de protestations, menaces de mort, insultes et jets de pierre en directions des comédiens et techniciens,… Dès l’annonce du projet, de nombreux groupes gays se mobilisent contre Cruising. « Après tout, souligne le réalisateur William Friedkin, cette communauté mobilisait ses efforts pour obtenir sa légitimité. Elle craignait que mon film, décrivant des pratiques sexuelles marginales, la ramène plusieurs années en arrière. Elle se trompait mais, aujourd’hui, je comprends ses craintes. » Dans son livre L’Homosexualité au cinéma, Didier Roth-Bettoni souligne le décalage entre ces réactions innombrables et la réalité de l’œuvre : « Car s’il est bien un film américain de l’époque à ne porter aucun jugement sur l’homosexualité, à se contenter de décrire jusque dans des détails assez inouï la réalité d’un certain mode de vie gay, à oser mettre en scène l’homosexualité jusque dans sa part sexuelle, c’est bien Cruising, fascinant documentaire fasciné par le cadre où va se jouer sa fiction policière.»
Séance en partenariat avec le festival de films LGBT de Paris ‘Chéries-Chéris’, dans le cadre de l’exposition ‘Champs d’amours – 100 ans de cinéma Arc-en-ciel’ à l’Hôtel de Ville de Paris
DYKES, CAMERA, ACTION ! (2018) de Caroline Berler
Les lesbiennes n’avaient pas souvent le bonheur de se voir à l’écran, mais entre Stonewall, le mouvement féministe et le cinéma expérimental des années 1970, une poignée de ces invisibles a peu à peu construit et transformé leurs propres représentations sociales. Les cinéastes Barbara Hammer, Su Friedrich, Rose Troche, Yoruba Richen, Desiree Akhavan, Vicky Du, la critique B. Ruby et d’autres grandes figures marquantes de cette épopée partagent des histoires émouvantes et souvent hilarantes de leur vie et débattent de la façon dont elles ont exprimé et construit leur identité « queer » à travers les films. Plus de vingt ans après la sortie de The Celluloid Closet, on attendait avec impatience la sortie d’un documentaire se concentrant cette fois-ci sur la représentation des femmes lesbiennes au cinéma. Dykes, Camera, Action ! se livre à cette exploration passionnante du cinéma lesbien des années 1970 à aujourd’hui, en célébrant ses ‘films-phares’ et en donnant la parole à ses éminentes cinéastes. Toutes évoquent ainsi, extraits à l’appui, des œuvres et des rôles qui les ont particulièrement marqués : Faut-il tuer Sister George ?, La Rumeur, Go Fish, High Art, Thelma et Louise, The Watermelon woman, Carol, etc. Une pure expérience cinéphile : exaltante, émouvante, captivante.
Tourné en onze nuits avec un budget minime par un cinéaste novice, Together Alone est un huis-clos en noir et blanc entre deux inconnus, qui viennent de faire l’amour sans préservatif après une rencontre dans un bar gay. Sida, homosexualité, bisexualité, solitude, désirs, avortement, mort, culpabilité, militantisme, etc… Autant de thématiques que Brian et Bryan abordent au cours de ces quelques heures d’échanges sans tabou. « La richesse du film de PJ Castellaneta tient pour une large part, outre son filmage sensuel au plus proche de la peau des personnages, à l’intensité de ce dialogue tendu comme un corde, où deux êtres semblent perpétuellement prêts à s’abandonner avant de se ressaisir, entre confidences et doutes, vérités et mensonges, complicités et escarmouches, » souligne Didier Roth-Bettoni dans son ouvrage L’Homosexualité au cinéma (La Musardine).
Notre invité : Didier Roth-Bettoni, historien du cinéma LGBTQI, producteur à France Culture.