Scénario : Rainer Werner Fassbinder, Christian Hohoff
Avec : Peter Chatel, Rainer Werner Fassbinder, Karlheinz Boehm,Rudolf Lenz
Durée : 1h58 mn
Production : Allemagne (1974)
Franz Biberkopf (comme le héros de BerlinAlexanderplatzd’Alfred Döblin que le cinéaste adaptera plus tard pour la télévision) – surnommé Fox, jeune forain au chômage, gagne une grosse somme au loto. Grâce à Max, un riche antiquaire homosexuel qu’il a dragué, Franz est introduit dans la haute société allemande. Il tombe rapidement amoureux d’Eugen, un fils d’industriel, qui essaie de l’éduquer tout en lui prenant son argent et en le méprisant. Le piège s’est refermé sur lui.
Avec :Audrey Hepburn, Shirley MacLaine, Miriam Hopkins, James Garner.
Durée : 1h44 mn
Production : EU (1961)
Dans une petite ville des Etats-Unis, Karen et Martha, deux amies de longue date, dirigent une institution pour jeunes filles. Pour se venger d’une punition, Mary, une élève insolente et menteuse, lance la rumeur que les deux professeurs ont une relation « contre-nature ». Elle commence par le raconter à sa grand-mère… En 1936, la première adaptation cinématographique de la pièce de Lillian Hellman (1934) avait dû intégralement supprimer le sujet pourtant central de l’homosexualité. The Children’s Hour (1961) en reprend l’intrigue originale dans un contexte où l’autocensure s’assouplit à Hollywood. Mais s’il est possible d’aborder ce sujet, il faut néanmoins que la morale du film condamne ce qui est toujours désigné comme une ‘perversion’…
Notre invitée : Marguerite Chabrol, professeure en études cinématographiques à l’université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, spécialiste du cinéma classique américain.
Avec : Barney James, Neil Kennedy, Leonardo Treviglio, Richard Warwick
Scénario :Derek Jarman, Paul Humfress
Durée : 1h30 mn
Production : GB (1976)
En 1976, sort le premier film d’un jeune réalisateur anglais inconnu. Stupéfiant péplum homosexué tourné en latin, Sebastiane est un véritable événement à la fois dans le domaine de l’art et essai et dans celui des images de l’homosexualité, marquant l’émergence d’un des réalisateurs clés du cinéma queer : Derek Jarman. Sous le soleil éclatant de la Sardaigne, Jarman filme les corps nus de légionnaires qui s’ennuient, et les désirs qui traversent ces hommes, en particulier la passion impossible du capitaine Severus avec un de ces hommes perdus, Sebastiane, dont le christianisme naissant le transformera en Saint Sébastien, cette icône gay percée de flèches. Presque inédit en France mais gros succès en Grande-Bretagne, Sebastiane frappe aujourd’hui encore par sa modernité et la manière dont Jarman revisite l’histoire par le prisme homosexuel.
Scénario: Jay Allen, Christopher Isherwood, Joe Masteroff, John Van Druten.
Avec: Liza Minelli, Mickael York, Joel Grey, Marisa Berenson.
Durée : 2h04
Production: EU (1972)
Sallly Bowles, une chanteuse américaine dans le Berlin des années 30, travaille chaque soir au « Kit Kat Club » devant une foule interlope. Elle tombe amoureuse d’un jeun écrivain britannique, Brian, qui partage le même pension de famille et donne des leçons d’anglais pour vivre. Tous les deux sont séduits par un aristocratre fortuné et sulfureux, Maximilian…
Subversif et cynique, ce film explore la montée du nazisme vue du microcsome d’un club entre noiceur et paillettes. Deuxième long-métrage de Bob Fosse, Cabaret est inspiré de la comédie musicale éponyme de John Kander et Fred Ebb, créée avec un grand succès à Broadway en 1966. La comédie musicale est elle même adaptée de la pièce I am a camera du dramaturge anglais John Van Druten (publiée en 1951) et du roman Adieu Berlin de l’écrivain anglais Christopher Isherwood (publié en 1939).
Notre invité : Alain Riou, journaliste et critique de cinéma (Le Nouvel Observateur, Le Masque et la Plume sur France inter, Le Cercle sur Canal +). Il est également scénariste, réalisateur et acteur.
Avec: Jean-Philippe Ecoffey, Hélène Vincent, Michèle Laroque, Georges du Fresne
Durée: 1h28
Production: France ( 1997)
Les Fabre ont tout d’une famille idéale, avec quatre beaux enfants, Tom, Jean, Zoé et Ludovic. Nouvellement installés dans une banleue résidentielle cossue, Hannah et Pierre convient les voisins à faire connaissance. Seul hic, le petit dernier, 7 ans, arrive en robe, avec maquillage et bijoux! Ludo est persuadé d’être une fille, et compte bien épouser son copain Jérôme plus tard. Pourquoi personne ne comprend? Des parents désemparés, un voisinage intolérant, la vie n’est pas vraiment rose pour qui transgresse les normes… Abordant un thème délicat sur un ton à la fois humoristique et grinçant, Ma vie en rose est une comédie ‘grand public » sur la différence, légère et profonde à la fois. Il a obtenu le Golden Globes pour le Meilleur film étranger en 1998.
Avec : Dirk Bogarde, Dennis Price, John Barrie, Sylvia Syms.
Durée : 1h40
Production : GB (1961)
Un éminent avocat londonien, Melvin Farr, par à la recherche d’un maître chanteur qui menace de dénoncer les homosexuels. Marié et père de famille, il a été pris en photo avec son ancien amant, « Boy » Barret. Le jeune homme, victime d’un chantage, est retrouvé suicidé… Farr, qui avait refusé de l’aider par crainte pour sa carrière, décide finalement de participer à l’enquête, quitte à mettre en péril sa vie privée et personnelle.
Victim, premier film britannique où le mot » homosexualité » est employé, a joué un rôle important dans la dépénalisation des relations homosexuelles entre hommes en Angleterre et aux Pays de Galles, officialisée en 1967 (L’Ecosse attendra 1980 et l’Irlande du Nord 1982 pour faire de même)
Notre invité : Philippe Pilard, auteur et réalisateur, spécialiste du cinéma britannique, auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet, dont Histoire du cinéma britannique(Nouveau Monde Editions).
Hélène Noris, quinze ans, étouffe de solitude dans la grande maison où elle vit avec son père veuf. L’homme d’affaire entretient une liaison avec Tamara Soulerr, à la réputation scandaleuse.Intriguée de la rencontrer, Hélène est aussitôt subjuguée par cette femme séduisante et manipulatrice qui va l’initier aux plaisirs charnels et lui faire vivre une passion dévorante…
Paru en 1951, alors que Françoise Mallet-Joris n’a que 21 ans, Le Rempart des Béguines choque par le récit de la relation homosexuelle entre la jeune Hélène et la mystérieuse Tamara. L’adaptation du livre au cinéma fait près de 750 000 entrées à sa sortie en 1972. Quarante ans plus tard, il est devenu quasiment invisible.
Avec : Willima Hurt, Raùl Julia, Christine Pascal, Sonia Barga
Durée : 2h
Production : EU/Brésil (1985)
Présenté à Cannes et premier film indépendant à être nommé aux Oscars, le film valut aussi à l’un de ses deux interprètes principaux, William Hurt, un prix d’interprétation à Cannes et un Oscar, le premier à être remis à un acteur pour un rôle d’homosexuel et/ou travesti, l’inoubliable Molina: retenu prisonnier, en pleine dictature, dans une cellule au fin fond de l’Amérique du Sud pour » immoralité ». Il partage cette cellule avec un prisonnier politique, Valentin ( Raùl Julia), qui se montre d’abord violemment hostile envers lui.Ce film bouleversant, qui joue avec les codes du kitsch, montre avec finesse l’évolution de deux individus vis-à-vis de l’Autre, prouvant par là que cet » autre » n’est pas nécessairement l’Enfer que l’on dit…
Notre invité : Emmanuel Le Vaguerrese, professeur de l’ittérature espagnole moderne et contemporaine et de cinéma à l’Université de Reims Champagne-Ardenne (URCA)
Avec : Patrick Dewaere , Patrick Bouchitey, Christine Pascal, Claude Piéplu
Durée : 1h26
Production : France (1976)
Claude Miller met en scène dans La Meilleure Façon de marcher le lien trouble entre deux moniteurs de colonie de vacances dans les années 60, le viril et macho Marc ( Patrick Dewaere) et le délicat et timide Philippe (Patrick Bouchitey). Un jour Marc surprend Philippe dans sa chambre, travesti en femme. Mal à l’aise, craignant d’être dénoncé, ce dernier devient vite le souffre-douleur de son collègue. Entre attraction et répulsion, vénération et humiliation, une relation ambiguë se noue entre eux, chacun se trouvant confronté à ses propres peurs. Jusqu’au jour où…
Ce premier film du réalisateur, interdit aux moins de 12 ans à sa sortie, est une réflexion sur la question de la norme et du rejet de la différence, sur la masculinité et ses clichés.
Ania Szczepanska est née à Varsovie en 1982. Elle est maîtresse de conférences en histoire du cinéma à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et réalisatrice de films documentaires.
Ses recherches portent sur le cinéma et la politique, les cinémas de l’Est – principalement le cinéma polonais- les films documentaires et les archives audiovisuelles.
Elle a consacré sa thèse au cinéma d’opposition en Pologne communiste, à travers le cas du groupe de production du cinéaste Andrzej Wajda. Elle s’est intéressé aux conflits et aux négociations entre cinéastes polonais et responsables de la politique culturelle de l’Etat-Parti. En articulant esthétique et histoire politique, son travail s’est appuyé sur les rapports des commissions de validation des films, les archives privées des cinéastes, les entretiens avec des réalisateurs et d’anciens dirigeants politiques, ainsi que l’analyse des films produits pour le cinéma et la télévision dans les années 1970 et 1980.
Cette recherche ainsi que son travail sur les archives audiovisuelles de la Pologne populaire ont donné lieu au projet collectif Dokest89, mené avec Nadège Ragaru (Sciences Po, CERI) portant sur la mémoire du communisme dans la production documentaire de l’ancien bloc socialiste après 89 (Voir le blog)
Ania Szczepanska est l’auteur de l’ouvrage Do granic negocjacji (Aux frontières de la négociation, Universitas, Krakow, 2017) et co-auteur avec Sylvie Lindeperg d’A qui appartiennent les images ? (FMSH, 2017) sur le statut et les images des images d’archives, ainsi que de nombreux articles consacrés essentiellement au cinéma polonais.
A partir de ces travaux consacrés au cinéma polonais à l’époque communiste, elle a mené un travail de réalisation documentaire.
Son film documentaire Nous filmons le peuple ! (2013), produit par Abacaris films et Les films de l’air, a été diffusé sur Ciné Plus et TVP Kultura. Il a obtenu l’ Etoile de la SCAM (2015) et le le Prix de la Recherche du CNRS (2014). Il est disponible en DVD édité par Aloest (2015) accompagné de nombreux suppléments consacrés au cinéma polonais.