Un film de Donna Deitch Avec Helen Shaver, Patricia Charbonneau, Audra Lindley Scénario Nathalie Cooper, Jane Vance Rule (roman) Durée: 96 mn Production: EU (1985)
1959 : Vivian Bell, professeur de littérature à New York arrive à Reno (Nevada) dans le but de divorcer. Elle est hébergée dans un ranch par Frances Parker. Introvertie, peu assurée, Vivian a prévu de se plonger dans le travail pour oublier. Mais elle fait la connaissance de Cay, la belle-fille de Frances. Ouvertement lesbienne, cette sculptrice de 25 ans tombe bientôt amoureuse de l’universitaire de dix ans son aînée… Sorti en 1985, Desert Hearts n’a de mélancolique que son titre, c’est ce qui fera son succès. L’énergie libérée de Cay ne peut que séduire Vivian, et le public avec elle. Mais le qu’en-dira-t-on et les bonnes manières auront- elles raison de cet amour insolite ? Sans drame, les deux femmes vont vivre leur relation telle que l’époque le permettait, ouvrant un possible que tant de fictions avaient nié jusqu’alors.
Scénario: Michel Deville et Gilles Perrault, d’après le roman Le Dossier 51, de Gilles Perrault.
Avec François Marthouret, Roger Planchon, Patrick Chesnais, Daniel Mesguich
Durée: 108 min.
Production: France ( 1978)
Dominique Auphal, diplomate nommé dans un organisme international, est mis sous surveillance par les services secrets, qui désirent trouver une faille dans sa vie apparemment irréprochable, afin de le faire chanter. Sa vie privée est espionnée, analysée, commentée. Dossier 51 est le film éponyme du roman de Gilles Perrault, publié en 1969 et qu’il juge inadaptable au cinéma. Pendant des années, il refuse les propositions de plusieurs cinéastes (Clouzot, Melville, Deray…). Mais Michel Deville finit par relever le défi et décroche le César du meilleur scénario en 1979. Dispositif de caméra subjective, intrigue au cordeau… cette œuvre se révèle aussi dérangeante que passionnante. « Il y a du Kafka dans ce Dossier 51 et un grand cri de Michel Deville pour le respect de la liberté individuelle. » (Jacques Siclier – Le Monde – 01/09/1978)
Nos invités: Rosalinde Deville, productrice, scénariste ( La lectrice…), François Marthouret, comédien, metteur en scène, réalisateur.
Scénario: Coline Serreau Avec Sami Frey, Mario Gonzales, Christine Murillo, Michel Aumont, Nicole Jamet, Bernard Crombey. Durée: 93 mn Production: France (1977)
Alexa, Fernand et Louis habitent ensemble dans un pavillon de la région parisienne. Fernand s’occupe de la maison, Louis joue et compose de la musique, Alexa gagne l’argent de ce ménage à trois qui vit dans le bonheur de la tolérance. Louis et Alexa consolent Fernand qui souffre d’être séparé de ses enfants, Louis s’est dégagé de sa relation névrotique à sa mère grâce à ses amis, et Alexa a surmonté, avec Fernand et Louis, la déception de son précédent mariage. Mais Fernand rencontre un jour la belle Sylvie, et ce complexe équilibre est soudain menacé… Des personnages qui vivent en liberté, sans se soucier de ce que pensent les autres. Une histoire d’amour atypique avec ses désirs pluriels et ses ambivalences, sans leçon de morale ni militantisme affiché, qui baigne dans une utopie libertaire.
Nos invité-e-s: Coline Serreau, réalisatrice, scénariste, comédienne et metteuse en scène, Christine Murillo, comédienne et metteuse en scène de théâtre, Bernard Crombey, comédien et auteur dramatique, Mario Gonzales, comédien et metteur en scène.
Christine Murillo, Mario Gonzales, Coline Serreau et Anne Delabre lors du débat après la projection.
Vendredi 25 mars 2022 à 20h45 à la Cinémathèque française.
LE SPORT FAVORI DE L’HOMME (Man’s favorite sport)
De Howard Hawks/ Etats-Unis/1964/ VOSTF/127MM .
Avec Rock Hudson, Paula Prentiss, Maria Parschy.
Un vendeur d’articles de pêche, prétendu expert en la matière, est inscrit par son patron à un grand concours. Mais n’a jamais pêché de sa vie.
D’après la nouvelle The Girl Who Almost Got Away de Pat Franck.
La séance fut présentée et suivie d’un débat avec Frédéric Mercier (critique de cinéma, membre des rédactions des revues Transfuge et Positif), animée Anne Delabre, animatrice du cinéclub le7e genre.
Avec Jean Carmet, Ben Smail, Albert Klein, Albert Delpy
Scénario : Mehdi Charef
Durée 98 mn
Production : France (1987)
Les boulots précaires, la faim, le froid et la peur de la police sont le lot quotidien de Samir, immigré clandestin. Le rêve de Mona, vieux travesti en décrépitude, est l’opération qui lui permettra de mourir en femme. Mais cela nécessite une opération chirurgicale coûteuse. Samir et Mona vont se rencontrer et conclure un marché… Pour le réalisateur Mehdi Charef, « Mona et Samir sont deux êtres qui sont exclus du monde parce qu’ils ne pensent pas comme nous. Ils sont exclus parce que les gens pensent qu’ils ne peuvent pas leur apporter quelque chose. Leur rêve est différent des nôtres ». Révélé par son premier film en 1984, Le Thé au Harem d’Archimède, il s’attaque avec Miss Mona à un sujet pour le moins délicat, qui aurait pu donner lieu à un film sordide et scabreux. Il en fait une œuvre poignante et engagée.
Notre invité : Mehdi Charef, cinéaste et écrivain.
Né en Algérie en 1952, il est arrivé en France à l’âge de dix ans et a passé une partie de son enfance et adolescence dans le bidonville de Nanterre. Fils d’un terrassier, il travaille en usine de 1970 à 1983.
Auteur du premier roman d’un écrivain d’origine algérienne, avec Le Thé au harem d’Archi Ahmed publié en 1983. Deux ans plus tard, sous l’impulsion de Costa-Gavras, il écrit le scénario et réalise la version cinématographique de son roman sous le titre Le Thé au harem d’Archimède. Le film remporte de nombreux prix. En 1987 sort son deuxième long métrage, Miss Mona qui valut notamment à Jean Carmet d’être sélectionné pour le César de meilleur acteur pour son rôle de travesti, aspirant a réunir suffisamment d’argent pour se faire opérer et devenir femme. Parmi ses films ultérieurs, on compte notamment Camomille (1987), Au pays des Juliets (1991), Marie-Line ( 1999) Cartouches gauloises (2007) ou encore Graziella( 2015).
En 2005, il signe une première pièce de théâtre sur la fin de la guerre d’Algérie : 1962 – Le dernier voyage.
Il est l’auteur de plusieurs romans parmi lesquels, aux éditions du Mercure de France, La Maison d’Alexina (1999)etA bras le cœur ( 2006). Aux éditions Hors d’atteinte, il a publié Rue des Pâquerettes ( 2019), Vivants (2020). Son dernier roman, La Cité de mon père est sorti en août 2021.
Documentaire l France l vf l 2018 90 min l Couleur l Cinéma Numérique 2K
Dans son dernier film, Yannick Bellon raconte son enfance, son initiation culturelle auprès des ami·es de sa mère, la photographe Denise Bellon, sa propre carrière et les soubresauts de l’histoire auxquels elle a assisté. ( voir la note d’intention ici)
La séance fut présentée par Eric Le Roy (chef du service accès, valorisation, enrichissement des collections à la direction du patrimoine cinématographique du CNC) et suivie d’un débat.
Scénario : Alan Bennett (d’après la biographie de John Larh sur Joe Orton)
Avec :Gary Oldman, Alfred Molina, Vanessa Redgrave.
Durée : 1h51 (int – 12 ans)
Production : GB (1987)
Synopsis: Londres, 1967 : Lors de la découverte du corps du célèbre dramaturge Joe Orton et de son amant Kenneth Halliwell, Peggy Ramsay, l’agent littéraire d’Orton, récupère le journal de l’écrivain. Plusieurs années après, elle le remet à un homme qui souhaite écrire la biographie de l’artiste. Il y découvre le récit tourmenté de ses débuts difficiles et de sa relation passionnelle avec son amant, puis de ses années de gloire…
« En 1987 quand sort sur les écrans français Prick up your ears de Stephen Frears, je sors de l’école de cinéma (Idhec – devenu la Fémis depuis). J’ai découvert le réalisateur un an plus tôt avec son film précédent: My Beautiful Laundrette. C’est un choc, la découverte d’un réalisateur qui pose un regard aimant sur les homosexuels. Une approche à laquelle le cinéma (français) ne m’a pas trop habitué jusqu’alors. Prick up your ears est une plongée dans la vie gay londonienne des années 60. Pourtant les personnages semblent respirer le même air que nous à l’époque. Le film explore une relation SM, mais reste ironique et garde, dans mon souvenir, un aspect de fable. » (Olivier Ducastel)
Muriel, discrète et solitaire, tombe amoureuse de sa meilleure amie Nora, une jeune femme exubérante et rayonnante. Sûre de ce qu’elle ressent, elle décide de se confier à sa mère, qui supporte mal cette réalité. Alors que Nora semble encore hésitante sur la vraie nature de ses sentiments, elles décident d’aller passer quelques jours à la mer… « Toute l’histoire est construite sur l’opposition entre ces deux personnages, dont l’un possède quelque chose d’assez rayonnant, d’assez séducteur, de lumineux et sensuel qui exerce une grande fascination sur l’autre, joué par Catherine (Klein) qui, de prime abord paraît être quelqu’un qui a un peu de mal à s’affirmer et qui va pourtant davantage au bout de ses désirs et de ses attirances. » Philippe Faucon
En avant-programme : LE RAVIN (1995 – 23mn) de Catherine Klein “Le Ravin est un film sobre et sans concession dans lequel j’ai voulu montrer le parcours d’une jeune fille de 17 ans qui ce soir-là réussit à tenir tête à une mère abusive pour retrouver Sophie, une amie, dont elle se sent attirée. Mais la soirée ne se passera pas comme prévu… Et Florence se retrouvera seule devant un magnétophone, s’adressant à Sophie non pas pour lui faire une déclaration d’amour, mais pour y dénoncer la violence dont elle vient d’être victime avec des mots à la fois lucides et inattendus.” Catherine Klein
Projection suivie d’un débat animé par Anne Delabre avec Catherine Klein, réalisatrice, scénariste et actrice.
Scénario : Alvie Sergent (d’après l’œuvre de Lillian Hellman)
Avec : Jane Fonda, Vanesse Redgrave, Meryl Streep, Jason Robards
Durée : 2h07
Production : EU (1977)
Basé sur les Mémoires de la dramaturge américaine Lillian Hellman, Julia retrace sa relation avec son amie d’enfance, des années 1910 aux années 1940. Partie étudier la médecine en Europe, Julia intègre un mouvement clandestin antinazi. Pendant ce temps, aux États-Unis, Lilly, compagne de l’écrivain Dashiell Hammett, écrit sa première pièce de théâtre, The Childen’s Hour (La Rumeur). Julia disparaît mystérieusement en 1934. Malgré les dangers de l’Europe en guerre, Lili y effectue plusieurs voyages pour retrouver son amie. « L’axe principal du récit demeure la profonde amitié qui unit Lillian et Julia. Une amitié ambiguë que l’on qualifierait même d’amour véritable tant par les regards, les échanges tactiles et les quelques paroles prononcées, notamment lorsque Lillian déclare son amour pour Julia, fait plus explicite dans le livre. » (Séquences, La Revue de Cinéma, n° 221, sept-oct 2002),
Notre invité : Gérald Duchaussoy, responsable de la section ‘Cannes Classics’ au Festival de Cannes, chargé de programmation au ‘Marché International du Film Classique’ (MIFC) du Festival Lumière.
Pentimento – a book of Portaits est le second tome paru en 1973, de la trilogie en trois volumes des mémoires de Lilian Hellman sur lequel est basé le film Julia. Il a été édité en langue française en 1979 grâce aux éditions canadiennes Stanké sous le titre Pentimento-Julia. Les trois volumes de ce récit autobiographique constituent un précieux témoignage sur la vie littéraire et mondaine des années 1930 aux Etats-Unis.
Avec : Ken Robertson, Tony Westrope, Clive Peters, Rachel Nicholas James
Durée : 1h53
Production : GB (1978) – Sous titrage français Anne Crémieux.
Dans le Londres de la fin des années 70, Ron Peck défie le silence imposé à l’homosexualité à travers le portrait réaliste de Jim, un professeur de géographie dans un lycée dont les fréquentes rencontres d’« oiseaux de nuit » n’assouvissent pas le désir amoureux. Loin des clichés, ce film inédit en France – qui mêle acteurs et non-professionnels – est le premier à capturer l’ambiance des bars et discothèques gays avant l’ère Thatcher, alors que le sida n’est pas encore une menace et que la liberté va croissante. Découvert par ses élèves, Jim revendiquera son homosexualité au grand jour. Passé trop inaperçu à l’époque, Nighthawks évoque l’homosexualité comme une évidence face à l’homophobie, omniprésente, cause et non conséquence de la marginalisation.
Séance suivie d’une interview préenregistrée du réalisateur Ron Peck réalisée par Anne Delabre et Anne Crémieux et d’un débat avec la salle.
Pour aller plus loin:
Interview de Ron Peck pour la séance du cinéclub le 7e genre.